Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification de l'église romane.
milieu du XVIe siècle
Dommages par les Protestants
Dommages par les Protestants
milieu du XVIe siècle (≈ 1650)
Partiellement ruinée pendant les guerres de Religion.
1660
Restauration par le prieur Villon
Restauration par le prieur Villon
1660 (≈ 1660)
Réparations après les guerres de Religion.
1703
Incendie par les Camisards
Incendie par les Camisards
1703 (≈ 1703)
Destruction partielle pendant la révolte.
début XVIIIe siècle
Réparations post-incendie
Réparations post-incendie
début XVIIIe siècle (≈ 1804)
Travaux après l'attaque des Camisards.
6 décembre 1949
Classement monument historique
Classement monument historique
6 décembre 1949 (≈ 1949)
Inscription officielle au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Saint-Etienne d'Escattes : inscription par arrêté du 6 décembre 1949
Personnages clés
| Prieur Villon - Responsable des restaurations |
Dirigea les réparations en 1660. |
Origine et histoire
L'église Saint-Étienne d'Escattes, située dans le hameau d'Escattes à 3 km de Souvignargues (Gard), est un exemple typique du style roman languedocien. Construite au XIIe siècle, elle se distingue par son chevet semi-circulaire, partiellement réalisé en pierre de taille et moellons, avec des blocs de pierre rose de Montpezat. Une inscription latine extraite du livre de Jérémie orne le chevet, tandis qu’une pierre gravée de deux inscriptions (dont une issue des Psaumes de David) semble être un remploi datant des réparations post-guerres de Religion.
L’édifice a subi des dommages majeurs au XVIe siècle, lors des guerres de Religion, avant d’être restauré en 1660 par le prieur Villon. Incendiée en 1703 par les Camisards, elle fut réparée peu après. Son architecture combine des éléments médiévaux (voûte en berceau, abside en cul-de-four) et des ajouts postérieurs, comme le clocheton classique du XVIIIe siècle abritant une cloche de 1829. La nef, longue de 10 mètres, et le chœur portent les traces de ces transformations successives.
Classée monument historique depuis le 6 décembre 1949, l’église illustre les bouleversements religieux et architecturaux de la région. Son chevet, marqué par des modifications de maçonnerie, et ses inscriptions latines témoignent de son histoire mouvementée. La sacristie, accolée à la façade sud, et le clocher-pignon, probablement du XVIIe siècle, complètent cet ensemble patrimonial.
Le site, propriété de la commune de Souvignargues, conserve des éléments défensifs et liturgiques caractéristiques des églises rurales du Languedoc. Les matériaux locaux (pierre rose de Montpezat, moellons) et les techniques de construction reflètent les ressources et savoir-faire de l’époque. Les réparations successives, notamment après 1703, ont préservé cet édifice malgré les destructions liées aux conflits religieux.
L’église Saint-Étienne d’Escattes s’inscrit dans un paysage historique marqué par la coexistence de communautés catholiques et protestantes. Son inscription au titre des monuments historiques souligne son importance comme témoin des tensions religieuses en Occitanie, entre Moyen Âge et époque moderne. Les traces d’incendies et de restaurations rappellent les violences des guerres de Religion et de la révolte des Camisards, périodes clés de l’histoire régionale.