Frise chronologique
Ve–VIe siècle
Fondation de l’ermitage
Fondation de l’ermitage
Ve–VIe siècle (≈ 650)
Hymeretius s’installe dans la vallée.
XIe siècle
Construction de l’église romane
Construction de l’église romane
XIe siècle (≈ 1150)
Dépendant du prieuré de Mâcon.
1634
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
1634 (≈ 1634)
Après sinistre : nef, clocher, façade.
22 octobre 1653
Translation des reliques
Translation des reliques
22 octobre 1653 (≈ 1653)
Saint Hymetière placé près autel.
1913
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1913 (≈ 1913)
Protection de l’édifice entier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 22 octobre 1913
Personnages clés
| Hymeretius (ou Imetier) - Moine ermite et saint local |
Fonda l’ermitage au Ve–VIe siècle. |
| Jean-Jacques Chifflet - Historien franc-comtois (XVIIe) |
Recueillit la tradition orale. |
| Archevêque de Besançon (1653) - Autorité religieuse |
Ordonna l’ouverture du tombeau. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Marie de Saint-Hymetière, située dans le sud-ouest du Jura en Franche-Comté, trouve ses origines dans une tradition locale rapportée au XVIIe siècle par l’historien Jean-Jacques Chifflet. Selon cette tradition, un moine nommé Hymeretius (ou Imetier), originaire de l’abbaye de Condat (actuelle Saint-Claude), s’installa au Ve–VIe siècle dans la vallée déserte de la Valouse pour y fonder un ermitage. À sa mort, considéré comme un saint pour ses vertus, ses reliques furent placées dans une chapelle transformée en église au siècle suivant. Des fouilles archéologiques (1986, 2010) ont révélé une trentaine de sépultures autour de l’édifice, datant du VIe siècle à la fin du Moyen Âge, confirmant une occupation précoce du site, peut-être liée à une nécropole romano-burgonde.
L’église actuelle, construite au XIe siècle, dépendait d’un prieuré rattaché au chapitre cathédral de Mâcon, comme en témoigne son style roman proche des édifices du Mâconnais. Un sinistre au début du XVIIe siècle endommagea gravement la nef, le bas-côté nord et le croisillon sud, nécessitant une reconstruction partielle vers 1634. Le maître d’œuvre conserva les éléments romans récupérables (volumes, lumière) tout en ajoutant une tour clocher, une façade occidentale et un porche voûté. Les reliques de saint Hymetière, exhumées en 1653 sur ordre de l’archevêque de Besançon, furent alors placées dans une châsse près du maître-autel.
Classée Monument Historique en 1913, l’église illustre la persistance d’un lieu de culte depuis l’Antiquité tardive, marqué par une architecture hybride alliant roman bourguignon et restaurations baroques. Son emplacement stratégique, sur une terrasse glaciaire à 440 m d’altitude, domine la vallée encadrée de montagnes culminant à 800 m, soulignant son rôle historique de point de rassemblement spirituel et communautaire dans cette région reculée du Jura.