Frise chronologique
Vers 518
Mort de saint Lothain
Mort de saint Lothain
Vers 518 (≈ 518)
Fondation du monastère et conservation reliques
IXe siècle
Relevée par Bernon de Cluny
Relevée par Bernon de Cluny
IXe siècle (≈ 950)
Rattachement à Baume-les-Messieurs
XIe-XIIe siècles
Construction de l'église
Construction de l'église
XIe-XIIe siècles (≈ 1250)
Sur crypte du Xe siècle
1er quart XVIIIe siècle
Voûte en ogive et clocher
Voûte en ogive et clocher
1er quart XVIIIe siècle (≈ 1825)
Date 1716 gravée
26 octobre 1927
Inscription MH (église)
Inscription MH (église)
26 octobre 1927 (≈ 1927)
Protection partielle du bâtiment
23 janvier 1946
Classement MH (crypte)
Classement MH (crypte)
23 janvier 1946 (≈ 1946)
Protection totale de la crypte
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (sauf la crypte classée) : inscription par arrêté du 26 octobre 1927 ; Crypte : classement par arrêté du 23 janvier 1946
Personnages clés
| Lothain (ou Lautein) - Moine ermite et fondateur |
Reliques conservées dans la crypte |
| Bernon - Abbé de Cluny (IXe siècle) |
Releva le prieuré de Silèze |
| Désiré Monnier - Intellectuel jurassien (XIXe) |
Dessina les œuvres (1841-1842) |
Origine et histoire
L’église de Saint-Lothain, située dans le village éponyme du Jura, trouve son origine au Xe siècle, bâtie sur une crypte abritant le sarcophage mérovingien de saint Lothain (448-518), moine ermite d’Autun venu s’installer à Silèze (ancien nom du lieu). Attiré par sa réputation, un monastère de soixante moines s’y développe, suivi d’un second à Maximiacus. Après sa mort, le village adopte son nom et conserve ses reliques dans la crypte, qui servit d’église primitive. Le prieuré, relevé au IXe siècle par Bernon (premier abbé de Cluny), dépendra ensuite de l’abbaye de Baume-les-Messieurs.
La structure actuelle, construite entre les XIe et XIIe siècles, remplace une charpente en bois par une voûte en ogive au premier quart du XVIIIe (date de 1716 gravée sur le clocher). La crypte, classée monument historique en 1946, et l’église, inscrite en 1927, témoignent de cette évolution architecturale. Le clocher, couronné d’un dôme comtois, et la voûte du vaisseau central (décorée en 1816) illustrent les remaniements postérieurs.
Le patrimoine religieux de l’église, enrichi par la vénération de saint Lothain, inclut des œuvres majeures : un haut-relief en albâtre de 1526 (châsse de Saint-Hubert), un buste reliquaire de sainte Foy, et des sculptures des XVIe-XVIIe siècles. La crypte abrite aussi une fresque médiévale de sa mort, recouverte de graffitis historiques, et la Fontaine à huile miraculeuse, liée à une légende locale. Ces éléments, dessinés par Désiré Monnier (1841-1842), soulignent l’importance culturelle et spirituelle du site.
La légende raconte que la source miraculeuse, utilisée par Lothain pour soigner les malades, se tarit après que des mercenaires suédois de Louis XIV y aient graissé leurs bottes lors de la conquête de la Franche-Comté. Ce récit, mêlant histoire et croyance, renforce le caractère sacré du lieu, encore marqué par un Chemin de croix du XIXe siècle et des bancs en fonte à ossature religieuse.
L’église, propriété communale, incarne ainsi près de quinze siècles d’histoire, depuis l’ermitage mérovingien jusqu’aux ajouts baroques, en passant par son rôle dans la réforme clunisienne. Son architecture hybride (romane, gothique, classique) et son mobilier exceptionnel en font un témoin majeur du patrimoine jurassien et bourguignon.