Frise chronologique
XIe siècle
Construction de la tour funéraire
Construction de la tour funéraire
XIe siècle (≈ 1150)
Tombeau présumé de saint Restitut, antérieur à l’église.
Milieu du XIIe siècle
Construction de l’église romane
Construction de l’église romane
Milieu du XIIe siècle (≈ 1250)
Accolée à la tour, style provençal inspiré.
XVe siècle
Pèlerinage de Louis XI
Pèlerinage de Louis XI
XVe siècle (≈ 1550)
Futur roi en hommage à saint Restitut.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés en France.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Saint Restitut (Sidoine) - Premier évêque légendaire du Tricastin |
Aveugle guéri par Jésus, enterré sous la tour. |
| Louis XI (dauphin Louis) - Futur roi de France |
Pèlerin en 1445 au tombeau de saint Restitut. |
| Pierre François Marie Boulanger - Ferronnier d’art |
Auteur des pentures et heurtoir du portail. |
Origine et histoire
L'église Saint-Restitut, située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes, est un remarquable exemple d’art roman provençal inspiré de l’Antiquité. Sa particularité réside dans sa tour funéraire du XIe siècle, antérieure à l’édifice principal du XIIe siècle, sous laquelle auraient été ensevelis les restes de saint Restitut, premier évêque légendaire du Tricastin, identifié par la tradition chrétienne à Sidoine, l’aveugle guéri par Jésus. Cette tradition, bien que non attestée avant le XVe siècle, repose sur la Vita de saint Restitut, un texte hagiographique tardif.
La construction de l’église au XIIe siècle s’est accolée à cette tour préexistante, formant un ensemble architectural cohérent. Le porche méridional, typique du roman provençal, s’inspire directement des modèles gréco-romains, avec un arc en plein cintre imposant et des vantaux ornés de pentures et d’un heurtoir en tête de lion, œuvres du ferronnier Pierre François Marie Boulanger, également auteur des pentures de Notre-Dame de Paris. Le chevet pentagonal, décoré de pilastres et de chapiteaux élégants, ainsi que la nef voûtée en berceau brisé, illustrent cette fusion entre héritage antique et innovation médiévale.
Classée parmi les premiers monuments historiques français en 1840, l’église a aussi accueilli le dauphin Louis (futur Louis XI) en pèlerinage au XVe siècle, renforçant son statut de lieu sacré. La tour funéraire, initialement dotée d’une abside occidentale aujourd’hui disparue, et l’arc brisé à triple rouleau reliant la nef à la tour soulignent l’évolution architecturale du site. Les décors, comme les feuilles d’acanthe sculptées ou les archivoltes de l’abside, témoignent d’un artisanat d’exception, caractéristique des ateliers romans provençaux.
L’édifice, propriété de la commune de Saint-Restitut, incarne à la fois un patrimoine religieux, une prouesse technique et un symbole identitaire local. Son classement précoce et sa conservation relative en font un témoin privilégié des échanges culturels entre Provença et Méditerranée durant le Moyen Âge.