Frise chronologique
1182
Confirmation d'une aumône templière
Confirmation d'une aumône templière
1182 (≈ 1182)
Conan IV confirme une aumône à *trevoalan*.
1312
Transfert aux Hospitaliers
Transfert aux Hospitaliers
1312 (≈ 1312)
Rattachement après dissolution des Templiers.
1497-1500
Construction chœur et pignon ouest
Construction chœur et pignon ouest
1497-1500 (≈ 1499)
Travaux par Jehan Jegou et Guillaume le Tacon.
1630
Ajout d'un bas-côté nord
Ajout d'un bas-côté nord
1630 (≈ 1630)
Modification de la nef existante.
1926
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
1926 (≈ 1926)
Sauvetage après effondrement avant 1914.
années 1980-1990
Restauration contemporaine
Restauration contemporaine
années 1980-1990 (≈ 1985)
Reconstruction par une association locale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Trévoazan (cad. ZO 55) : inscription par arrêté du 20 janvier 1926
Personnages clés
| Conan IV - Duc de Bretagne |
Confirme une aumône templière en 1182. |
| Jehan Jegou - Maître d'œuvre |
Construisit chœur et pignon (1497-1500). |
| Guillaume le Tacon - Maître d'œuvre |
Associé à Jehan Jegou pour les travaux. |
| M. Blanchet de Saint-Brieuc - Bienfaiteur |
Initiateur de la sauvegarde en 1926. |
| Famille Le Chevoir - Seigneurs locaux |
Patrons de la chapelle (dalle armoriée). |
Origine et histoire
L’église Saint-Jean-de-Trévoazan, située dans la commune de Prat (Côtes-d’Armor), trouve ses origines au XIIIe siècle, attribuées aux Templiers de la commanderie du Palacret (Saint-Laurent). Après la dissolution de l’ordre en 1312, elle passe aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui la placent sous la protection de saint Jean-Baptiste, remplaçant son dédicace initiale à Notre-Dame. Une maîtrise-vitre aux armoiries de l’ordre témoignait de cette transition. Les vestiges templiers, bien que contestés par certaines sources, incluraient des éléments architecturaux réemployés dans les reconstructions ultérieures.
La structure actuelle résulte principalement de chantiers des XVe et XVIe siècles. Le chœur et le pignon ouest, datés entre 1497 et 1500, furent construits par des artisans locaux comme Jehan Jegou et Guillaume le Tacon, avec une charpente montée par Pierre Le Dovill. La nef, originellement sans bas-côtés, fut flanquée d’un bas-côté nord au XVIIe siècle (1630), tandis que le clocher fut remonté par Yves Lageat vers 1680. La chapelle, propriété de la famille Le Chevoir (attestée par une dalle funéraire armoriée), dépendait alors de la commanderie de La Feuillée, percevant dîmes et droits coutumiers.
L’édifice s’effondre peu avant la Première Guerre mondiale, ne laissant debout que la façade occidentale, son clocheton, et des pans de murs latéraux. Menacée de destruction, elle est sauvée en 1926 par une inscription aux Monuments historiques, grâce à l’intervention de M. Blanchet de Saint-Brieuc (originaire de Prat) et des bénévoles locaux. Les travaux de restauration, notamment dans les années 1980-1990, permirent de redonner vie à la chapelle, sous l’impulsion de l’Association pour la Restauration de Saint-Jean de Prat. Son plan en croix latine, son porche méridional voûté, et son chevet à baies gothiques reflètent aujourd’hui ces phases de reconstruction.
Les sources divergent sur certains points : une plaque commémorative à l’entrée évoque une fondation templière au XIIIe siècle, tandis que la base Mérimée et les études architecturales privilégient les XVe-XVIe siècles pour la majeure partie de l’édifice. Des éléments comme l’ossuaire sud, le reliquaire, ou les crédences liturgiques du transept nord illustrent son usage funéraire et religieux. Après la Révolution, la chapelle, abandonnée, servit de cimetière avant sa renaissance contemporaine. Son moulin du Palacret, situé à proximité, rappelait son lien avec les commanderies médiévales.
L’iconographie et les archives révèlent une chapelle autrefois dotée d’un clocher à deux chambres, d’une sacristie, et d’un cimetière clos. Les armoiries des Le Chevoir (un croissant surmonté de trois macles) sur une dalle funéraire attestent de leur patronage. Les vitraux, aujourd’hui disparus, incluaient autrefois des motifs héraldiques hospitaliers. La fenêtre du chevet, à remplage gothique tardif (fin XVe), et les arcades ogivales du transept sud comptent parmi les rares éléments médiévales préservés.
Les travaux des années 1980 ont permis de stabiliser la structure et de restituer partiellement son aspect d’origine, bien que certaines parties (comme la tribune du transept sud) restent disparues. La chapelle, aujourd’hui propriété communale, témoigne des transitions entre ordres militaires, des pratiques religieuses locales, et des efforts patrimoniaux pour sauver un édifice marqué par près de huit siècles d’histoire.