Frise chronologique
1636
Incendie de la nef
Incendie de la nef
1636 (≈ 1636)
Causé par les Suédois pendant la guerre de Trente Ans.
1846
Classement de la crypte
Classement de la crypte
1846 (≈ 1846)
Première protection par Prosper Mérimée.
1909
Classement chœur et tympan
Classement chœur et tympan
1909 (≈ 1909)
Extension de la protection monumentale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Crypte : classement par liste de 1846 ; Choeur, abside, clocher et porte de la façade : classement par arrêté du 9 juillet 1909
Personnages clés
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments Historiques |
A initié son classement en 1846. |
| Saint Marcellin - Saint patron de l’église |
Reliques présumées dans la crypte. |
Origine et histoire
L’église de Villars-Saint-Marcellin, située à quelques kilomètres de Bourbonne-les-Bains en Haute-Marne, date des XIe et XIIe siècles. De style roman pour son chœur et son clocher, elle se distingue par un tympan d’entrée énigmatique, sculpté d’une seule pierre gravée de motifs mystérieux (croix pattée, animaux, damier). Certains éléments, comme une pierre celtique réemployée, suggèrent une origine bien plus ancienne. La croisée d’ogives du chœur, rare dans l’Est de la France, annonce déjà l’architecture gothique.
La crypte, classée dès 1846 avec le chœur et le tympan, est un espace sobre éclairé par des fenêtres en fente. Ses douze piliers alternés (hexagonaux et circulaires) pourraient symboliser les Apôtres, bien que deux soient superflus structurellement. Au fond, un sarcophage double abriterait les reliques de saint Marcellin, patron de l’église. Une légende locale attribue à ce sarcophage des vertus miraculeuses contre les maux de tête pour quiconque y introduit sa tête.
Le chœur, rectangulaire (8,60 m x 4 m), est prolongé par une abside en cul-de-four peinte en bleu ciel, ornée d’étoiles et éclairée par une rosace grossière. La nef, reconstruite au XVIIIe siècle après un incendie causé par les Suédois pendant la guerre de Trente Ans (1636), contraste avec l’ancienne structure romane. Le clocher, accessible par une tourelle en colimaçon, arbore une flèche atypique. L’autel du XVIe siècle supporte une Vierge de Pitié classée, aux détails anatomiques erronés (jambes du Christ déformées).
Classée Monument Historique sur demande de Prosper Mérimée (1846 pour la crypte, 1909 pour le chœur et le tympan), l’église illustre la transition entre roman et gothique. Son tympan, aux symboles indéchiffrés (chèvre, animal fantastique, chaîne), et sa crypte aux piliers énigmatiques en font un site à la fois artistique, religieux et légendaire, ancré dans l’histoire locale et les croyances populaires.