Frise chronologique
VIe siècle
Fondation initiale
Fondation initiale
VIe siècle (≈ 650)
Monastère bénédictin fortifié construit par une petite communauté.
1080
Remplacement des moines
Remplacement des moines
1080 (≈ 1080)
Moines nicolaïtes occis, remplacés par des disciples de saint Maur.
XIIe–XIIIe siècles
Reconstruction de l’abbaye
Reconstruction de l’abbaye
XIIe–XIIIe siècles (≈ 1350)
Édification des bâtiments actuels pour les pèlerins.
XIVe siècle
Fortifications (guerre de Cent Ans)
Fortifications (guerre de Cent Ans)
XIVe siècle (≈ 1450)
Douves, meurtrières et suppression du cloître.
1607
Restauration de la voûte
Restauration de la voûte
1607 (≈ 1607)
Travaux menés par l’abbé Arnaud de Gascq.
XVIe–XVIIe siècles
Modifications défensives (guerres de Religion)
Modifications défensives (guerres de Religion)
XVIe–XVIIe siècles (≈ 1750)
Assommoir, murage de la rosace, destruction du dortoir.
1770
Installation du Christ en croix
Installation du Christ en croix
1770 (≈ 1770)
Sculpture monumentale de 8 mètres dans l’abbatiale.
1886
Classement de l’église
Classement de l’église
1886 (≈ 1886)
Protection au titre des monuments historiques.
1986
Découverte du trésor monétaire
Découverte du trésor monétaire
1986 (≈ 1986)
1 300 monnaies romaines près de l’abbaye.
1990
Inscription des bâtiments abbatiaux
Inscription des bâtiments abbatiaux
1990 (≈ 1990)
Façades, toitures, cour intérieure et éléments intérieurs protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise des Bénédictins (ancienne) : classement par arrêté du 12 juillet 1886
Personnages clés
| Arnaud de Gascq - Abbé restaurateur |
Revoûte l’église en 1607, armoiries sur la clef. |
| Abbé de Batz de Trenquelléon - Abbé commendataire (XVIIIe siècle) |
Commande le lutrin et la peinture allégorique. |
| Saint Maur - Réformateur bénédictin |
Disciples remplacent les moines en 1080. |
| Vicomte de Gensac - Seigneur local (XIe siècle) |
Ordre l’exécution des moines en 1080. |
| Antoine Barbe (ou son fils) - Restaurateur (XIXe siècle) |
Restaure le lutrin en 1873. |
Origine et histoire
L’abbaye de Saint-Ferme, fondée au VIe siècle par des bénédictins, fut reconstruite aux XIe et XIIIe siècles pour accueillir les pèlerins de Compostelle. Les moines originels, accusés de nicolaïsme et simonie, furent remplacés en 1080 par des disciples de saint Maur, sous l’autorité de l’évêque de Bazas. L’abbaye, riche de 7 prieurés et de vastes terres, devint une étape clé sur la via Lemovicensis, entre Pellegrue et Monségur.
Pendant la guerre de Cent Ans (XIVe siècle), l’abbaye fut fortifiée : douves creusées, fenêtres murées en meurtrières, et galerie du cloître supprimée. Les guerres de Religion (XVIe–XVIIe siècles) entraînèrent de nouvelles modifications défensives, comme l’assommoir au-dessus de la porte et le murage de la rosace. Les abbés commendataires, à partir du XVIe siècle, marquèrent son déclin en vivant dans le luxe, bâtissant le château du Parc et abusant de leur droit de justice.
Au XVIIIe siècle, les moines quittèrent l’abbaye avant la Révolution. L’abbatiale devint l’église paroissiale, et les bâtiments furent cédés à la commune pour y installer une école et la mairie. Classée monument historique en 1886 (église) et 1990 (bâtiments), l’abbaye abrite aujourd’hui un musée sur la vie monastique et un trésor de 1 300 monnaies romaines découvert en 1986. Son architecture mêle éléments roman (chapiteaux historiés du XIIe siècle) et défensif (tours, meurtrières).
L’église, en croix latine avec une nef voûtée en berceau, possède 18 chapiteaux historiés (scènes bibliques, animaux symboliques) et une voûte sur voussures parmi les premières d’Aquitaine. La cheminée monumentale du XVIe siècle, en calcaire de Monbazillac, et une peinture allégorique de la Justice (XVIIIe siècle) témoignent de son passé judiciaire. L’abbaye illustre aussi la vie quotidienne des moines, avec scriptorium, dortoir, et hostellerie pour pèlerins.
Parmi les œuvres remarquables figurent un Christ en croix de 8 mètres (XVIIIe siècle) et un lutrin en bois de cerisier (XVIIIe siècle), orné autrefois d’une statue de saint Michel. Les chapiteaux, comme ceux représentant Daniel et les lions ou La Tentation d’Adam et Ève, reflètent un programme iconographique moralisateur. Les modifications successives (fortifications, destructions par les huguenots) ont altéré certains éléments, mais l’ensemble conserve une forte cohérence historique et artistique.