Fondation du couvent début XIVe siècle (≈ 1404)
Création du couvent des Carmes à Lauzerte.
1562 et 1568
Destructions pendant les guerres de Religion
Destructions pendant les guerres de Religion 1562 et 1568 (≈ 1568)
Église ruinée lors des conflits confessionnels.
vers 1676-1678
Reconstruction de l'église
Reconstruction de l'église vers 1676-1678 (≈ 1677)
Édifice rebâti après les destructions du XVIe.
1810
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale 1810 (≈ 1810)
Transformation après la Révolution française.
1836
Rénovation néoclassique
Rénovation néoclassique 1836 (≈ 1836)
Façade et porte refaites avec pilastres doriques.
25 avril 1974
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques 25 avril 1974 (≈ 1974)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. AB 452) : inscription par arrêté du 25 avril 1974
Personnages clés
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Origine et histoire de l'Église des Carmes
L’église des Carmes de Lauzerte trouve ses origines au début du XIVe siècle, lorsqu’un couvent de Carmes y fut fondé. Ce lieu de culte, initialement intégré à un ensemble monastique, fut profondément marqué par les troubles des guerres de Religion : il subit des destructions en 1562 et 1568, réduisant l’édifice en ruines. Ces événements reflètent les violences confessionnelles qui secouèrent alors le sud-ouest de la France, où catholiques et protestants s’affrontèrent pour le contrôle des lieux de pouvoir spirituel et temporel.
La reconstruction de l’église intervint près d’un siècle plus tard, vers 1676-1678, dans un contexte de restauration du catholicisme après les conflits. Le bâtiment fut remanié selon les canons architecturaux de l’époque, mêlant des éléments baroques — comme le grand retable occupant tout le fond du chœur — à une structure plus sobre. Le chœur, à chevet plat, est délimité par deux piliers supportant une arcade en plein cintre, tandis qu’un lambris à cavet couvre son plafond. Le clocher-mur, terminé par un pignon triangulaire, surmonte cet ensemble, illustrant une adaptation pragmatique aux ressources locales.
Au XIXe siècle, l’église connut d’importantes transformations pour s’adapter à ses nouvelles fonctions paroissiales, acquises en 1810 après la Révolution. En 1836, la façade et la porte d’entrée furent refaites dans un style néoclassique, avec des pilastres doriques et un fronton, tandis qu’en 1844, la première travée de la nef fut élargie pour accueillir la chapelle Notre-Dame de Pitié. Ces modifications témoignent d’une volonté de modernisation et d’embellissement, typique de l’époque, où les édifices religieux devaient aussi refléter le prestige communal. Les bâtiments conventuels, quant à eux, furent détruits, ne laissant subsister que l’église comme vestige du passé carmélitain.
Les protections patrimoniales interviennent tardivement, avec une inscription des façades et toitures à l’inventaire des Monuments Historiques en 1974. Aujourd’hui propriété de la commune de Lauzerte, l’église incarne à la fois un héritage médiéval tumultueux et une résilience architecturale, où se superposent les strates des XVIIe et XIXe siècles. Son retable baroque, son clocher-mur caractéristique, et les traces des reconstructions successives en font un témoignage précieux de l’histoire religieuse et sociale de l’Occitanie.