Frise chronologique
1647
Arrivée des Carmes déchaux à Arles
Arrivée des Carmes déchaux à Arles
1647 (≈ 1647)
Installation initiale dans le quartier Notre-Dame-de-la-Major.
26 septembre 1673
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
26 septembre 1673 (≈ 1673)
Par Jean-Baptiste Adhémar de Monteil de Grignan.
19 avril 1676
Bénédiction de l'église inachevée
Bénédiction de l'église inachevée
19 avril 1676 (≈ 1676)
Cérémonie présidée par le coadjuteur d'Arles.
1678
Achèvement du couvent
Achèvement du couvent
1678 (≈ 1678)
Fin des travaux de construction.
17 avril 1794
Vente comme bien national
Vente comme bien national
17 avril 1794 (≈ 1794)
Conséquence de la Révolution française.
1801
Effondrement de la voûte
Effondrement de la voûte
1801 (≈ 1801)
Démolition pour raisons de sécurité.
milieu du XIXe siècle
Destruction partielle du couvent
Destruction partielle du couvent
milieu du XIXe siècle (≈ 1950)
Percement du canal d'Arles à Port-de-Bouc.
4 mars 1998
Classement monument historique
Classement monument historique
4 mars 1998 (≈ 1998)
Inscription officielle de l'édifice.
2013
Rachat par la commune d'Arles
Rachat par la commune d'Arles
2013 (≈ 2013)
En vue d'une restauration future.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, en totalité (cad. BD 37) : inscription par arrêté du 4 mars 1998
Personnages clés
| Saint Jean de la Croix - Réformateur de l'ordre des Carmes |
Inspirateur des Carmes déchaux. |
| Sainte-Thérèse d'Avila - Réformatrice des Carmélites |
Précède l'arrivée des Carmes déchaux. |
| François Seytour - Bourgeois arlésien |
Premier hôte des Carmes déchaux. |
| Jean-Baptiste Adhémar de Monteil de Grignan - Coadjuteur de l'archevêque d'Arles |
Pose la première pierre en 1673. |
| Odile de Pierrefeu - Documentaliste à la DRAC PACA |
Source historique sur le monument. |
Origine et histoire
L'église des Carmes-Déchaussés d'Arles est le seul vestige subsistant du couvent construit en 1649 par les Carmes déchaux, une branche réformée de l'ordre du Carmel par Saint Jean de la Croix. Issus de la réforme de 1568, ces moines s'installent en France en 1603 et arrivent à Arles en 1647, accueillis d'abord par un bourgeois local, François Seytour. En 1649, ils entreprennent la construction de leur couvent hors des murs de la ville, près du Rhône, avec une église dont la première pierre est posée en 1673 par Jean-Baptiste Adhémar de Monteil de Grignan, alors coadjuteur de l'archevêque d'Arles.
L'église, orientée nord-sud, est bénie en 1676 alors qu'elle est encore en construction, et l'ensemble du couvent est achevé en 1678. Cependant, après la Révolution, le monastère est vendu comme bien national en 1794. La voûte de l'église, menaçante, est abattue en 1801. Au milieu du XIXe siècle, le percement du canal de navigation d'Arles à Port-de-Bouc entraîne la destruction d'une grande partie des bâtiments conventuels et de la moitié de l'église, ne laissant que la façade nord et quelques vestiges intérieurs.
La façade, de style classique, présente un avant-corps central flanqué de deux ailes, orné de pilastres et de niches aujourd'hui vides. À l'intérieur, une frise sculptée de rinceaux et de griffons, ainsi que des chapiteaux surmontés de profils humains, rappellent le décor d'origine. L'église, classée monument historique en 1998, a été rachetée par la commune d'Arles en 2013 dans l'attente d'une restauration future, liée à la requalification urbaine de la RN 113.
Les Carmes déchaux s'étaient installés à Arles après les Carmélites réformées par Sainte-Thérèse d'Avila, marquant ainsi l'implantation de deux branches réformées du Carmel dans la ville. Leur couvent initial, situé près de la place de la République, avait été détruit à la Révolution, ne laissant que quelques traces dans les maisons voisines. L'église actuelle, bien que très dégradée, reste un témoignage de cette histoire monastique et architecturale.
Aujourd'hui, l'église est coincée entre la route nationale 113, sa bretelle d'accès et le canal de Craponne, dans un secteur en mutation. Son état de conservation précaire et son environnement contrastent avec son importance historique, soulignant l'urgence de sa préservation dans le cadre des projets urbains en cours.