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Frise chronologique
1394–1398
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1394–1398 (≈ 1396)
Appel des franciscains par Guy XII de Laval.
1407
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1407 (≈ 1407)
Dédiée à Notre-Dame par l’évêque du Mans.
XVIIe siècle
Embellissement baroque
Embellissement baroque
XVIIe siècle (≈ 1750)
Retables, lambris peints et cloître en marbre.
1792
Prison pour prêtres réfractaires
Prison pour prêtres réfractaires
1792 (≈ 1792)
Réquisition pendant la Révolution.
1863
Ajout du second bas-côté
Ajout du second bas-côté
1863 (≈ 1863)
Travaux de Pierre-Aimé Renous.
2023
Classement complet
Classement complet
2023 (≈ 2023)
Protection totale du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église Notre-Dame-des-Cordeliers, en totalité, sise place Notre-Dame, avec les sols des parcelles n°21 et n°494, figurant au cadastre de la commune section CH, tels que délimités et hachurés en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 12 mai 2023
Personnages clés
| Guy XII de Laval - Fondateur du couvent |
Commanditaire avec Jeanne de Laval. |
| Jeanne de Laval - Fondatrice, veuve de Du Guesclin |
Mécène du projet franciscain. |
| Simon de Heemsce - Maître-verrier (1539) |
Auteur des vitraux du réfectoire. |
| Pierre-Aimé Renous - Architecte (XIXe siècle) |
Ajouta le second bas-côté. |
| Chanoine Chantepie - Bienfaiteur (XXe siècle) |
Offrit des vitraux en 1945. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame des Cordeliers de Laval trouve ses origines à la fin du XIVe siècle, lorsque Guy XII de Laval et son épouse Jeanne de Laval, veuve de Bertrand Du Guesclin, fondèrent un couvent pour les frères mineurs conventuels. Entre 1397 et 1407, les bâtiments claustraux, une chapelle provisoire dédiée à saint Jean l’Évangéliste, puis l’église elle-même furent érigés. L’édifice, consacré en 1407 sous le vocable de Notre-Dame, fut initialement doté d’une nef unique flanquée d’un collatéral nord, où s’ouvraient sept chapelles latérales. Ces dernières, ornées au XVIIe siècle de retables en marbre, forment aujourd’hui l’un des plus grands ensembles baroques de l’Ouest.
Au XVIIe siècle, l’église fut embellie par des lambris peints représentant des scènes de la vie de saints franciscains, ainsi que par des colonnes de marbre rouge de Saint-Berthevin dans le cloître, aujourd’hui disparu. Les vitraux, dont ceux du réfectoire réalisés en 1539 par Simon de Heemsce et détruits en 1670, témoignaient de la richesse artistique du lieu. Le couvent, prospère jusqu’à la Révolution, abritait jusqu’à 60 religieux et servait de lieu d’enseignement et de prédication. Les chapitres généraux de l’ordre des Cordeliers s’y tinrent à plusieurs reprises, notamment en 1505 et 1619.
La Révolution française marqua un tournant : le couvent fut transformé en caserne, puis en prison pour prêtres réfractaires en 1792. Les bâtiments, partiellement détruits ou réaffectés, furent rendus au culte en 1800. Au XIXe siècle, l’architecte Pierre-Aimé Renous ajouta un second bas-côté et voûta la nef. Classée monument historique en 1926 puis en totalité en 2023, l’église conserve son orgue du XIXe siècle et accueille aujourd’hui des célébrations dans les formes ordinaire et extraordinaire du rite romain.
Les fondateurs, Guy XII et Jeanne de Laval, bien que traditionnellement associés à l’église, ne furent pas inhumés sur place. Leur mécénat, cependant, marqua durablement Laval, où le couvent devint un centre spirituel et intellectuel majeur. Les retables, les lambris et les vestiges du cloître rappellent encore l’importance historique de ce lieu, lié à la fois à l’ordre franciscain, à l’aristocratie locale et aux bouleversements révolutionnaires.
Au XXIe siècle, l’église Notre-Dame des Cordeliers reste un lieu de culte actif, desservi par la Fraternité Saint-Pierre pour la forme tridentine et par le diocèse pour la forme ordinaire. Son orgue, restauré à plusieurs reprises, et ses vitraux modernes, dont ceux offerts en 1945 par le chanoine Chantepie, perpétuent une tradition artistique et liturgique vieilles de six siècles.