Origine et histoire de l'Église des Dominicains
L’église des Dominicains d’Arles, initialement appelée église des Frères-Prêcheurs, fut construite à la fin du XVe siècle dans un style gothique méridional. Son histoire débute en 1231 avec l’arrivée des Dominicains à Arles, qui s’installent d’abord hors des murs avant de se réfugier intra-muros après la destruction de leur premier établissement en 1361. La construction de l’église actuelle, consacrée sous le nom de Notre-Dame-de-Confort, commence en 1448 avec la pose de la première pierre par le roi René, et s’achève avant 1499.
Après la Révolution, l’église est vendue comme bien national et morcelée en 26 lots. Dépouillée de son mobilier, elle sert d’entrepôt et de garage, tandis qu’une usine hydraulique remplace le cloître adjacent au XIXe siècle. Classée monument historique en 1921, elle est rachetée par la ville d’Arles en 1981, qui entreprend des travaux de consolidation et de restauration, révélant des sculptures des XVe et XVIIe siècles. Aujourd’hui, c’est le plus vaste édifice religieux gothique de la ville.
L’architecture de l’église se distingue par une nef unique voûtée sur croisées d’ogives, bordée de chapelles latérales sans communication entre elles. La chapelle Saint-Dominique, ajoutée en 1469 par la famille Quiqueran de Beaujeu, déborde du plan général. L’abside pentagonale, peu profonde, et la façade ouest, marquée par une tourelle d’escalier hexagonale, reflètent le style gothique méridional. Un cloître, construit entre 1560 et 1581, n’en subsiste qu’une porte à décor flamboyant et des vestiges intégrés à des immeubles privés.
Des fouilles archéologiques (1985-1988) ont révélé que les piliers de la nef reposent sur des murs antiques bosselés, influençant la largeur de l’édifice. Ces fondations, encore visibles au XVe siècle, ont guidé la construction. Le couvent, divisé en deux îlots séparés par une ruelle, combinait espaces religieux (autour du cloître) et domestiques (autour d’un cellier). À la Révolution, sa vente entraîne la destruction partielle des galeries du cloître, dont seules des portions subsistent aujourd’hui.
L’église illustre les vicissitudes des bâtiments religieux après la Révolution, passant de lieu de culte à usage profane avant d’être préservée comme patrimoine. Son sauvetage au XXe siècle, marqué par des campagnes de restauration, en fait un témoin majeur de l’histoire arlésienne, mêlant héritage médiéval, adaptations modernes et redécouvertes archéologiques. Son enserrement dans le tissu urbain limite cependant une appréciation globale de son architecture extérieure.