Frise chronologique
1931
Début de la construction
Début de la construction
1931 (≈ 1931)
Lancement des travaux par Jean Tandeau de Marsac.
1934
Inauguration par le Cardinal Verdier
Inauguration par le Cardinal Verdier
1934 (≈ 1934)
Bénédiction solennelle de l’église.
1935
Installation des vitraux Art Déco
Installation des vitraux Art Déco
1935 (≈ 1935)
Œuvres de Louis Barillet dans le transept.
1942-1946
Réalisations des fresques intérieures
Réalisations des fresques intérieures
1942-1946 (≈ 1944)
Travaux dirigés par Nicolas Untersteller.
1946
Bénédiction des décors intérieurs
Bénédiction des décors intérieurs
1946 (≈ 1946)
Cérémonie menée par Paul-Louis Touzé.
2011
Label « Patrimoine du XXe siècle »
Label « Patrimoine du XXe siècle »
2011 (≈ 2011)
Reconnaissance officielle de sa valeur.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jean Tandeau de Marsac - Architecte |
Concepteur de l’église (1931-1934). |
| Abbé Songaylo - Initiateur du projet |
Lance la souscription pour la construction. |
| Cardinal Verdier - Archevêque de Paris |
Inaugure l’église en 1934. |
| Louis Barillet - Maître-verrier |
Auteur des vitraux Art Déco (1935). |
| Nicolas Untersteller - Peintre et fresquiste |
Réalise les fresques du chœur (1942-1946). |
| Hélène Delaroche - Peintre |
Décore le baptistère et le porche. |
| Paul-Louis Touzé - Responsable des Chantiers du Cardinal |
Bénit les décors en 1946. |
Origine et histoire
L’église des Saints-Anges-Gardiens, située dans le quartier de Gravelle à Saint-Maurice (Val-de-Marne), fut construite pour remplacer un modeste hangar à bateaux utilisé comme chapelle. Ce dernier, surnommé « l’Étable de Bethléem », témoignait des conditions précaires de culte avant les années 1930. Une mosaïque datée de 1931, signée M. Lepelle, orne encore l’un de ses pignons. L’initiative de construire une véritable église émana de l’abbé Songaylo, soutenu par une souscription communale, afin de répondre à la croissance démographique du quartier et à l’augmentation du nombre de paroissiens.
L’édifice, conçu par l’architecte Jean Tandeau de Marsac entre 1931 et 1934, s’inscrit dans le mouvement des Chantiers du Cardinal, visant à doter la région parisienne de lieux de culte modernes. Bénie en 1934 par le Cardinal Verdier, l’église fut dédiée aux prêtres et religieux morts pendant la Première Guerre mondiale. Ses décors intérieurs, achevés en 1946, furent bénis par Paul-Louis Touzé. Labellisée « Patrimoine du XXe siècle » en 2011, elle symbolise l’innovation architecturale et artistique de son époque, mêlant béton armé, briques rouges et vitraux Art Déco.
L’architecture de l’église repose sur un plan en croix grecque de style byzantin, marqué par quatre grands arcs en béton armé et une façade précédée d’un porche. Le clocher, couvert d’une pyramide quadrangulaire, et les toitures inclinées lui confèrent une silhouette distinctive. Les matériaux modernes utilisés – béton bouchardé, briques, charpente métallique – évoquent à la fois la robustesse industrielle et l’esthétique des cités-jardins. Le terrain instable, situé entre deux bras de la Marne, nécessita l’enfoncement de 70 pieux à 12 mètres de profondeur pour stabiliser la structure.
Les vitraux du transept Nord, réalisés par Louis Barillet en 1935, illustrent le rôle des anges gardiens dans la vie quotidienne, selon un style Art Déco marqué. Ces œuvres, organisées en lancettes, s’inspirent de passages bibliques (Hé 1:14) et devaient initialement être complétées par des scènes de la Passion, jamais installées. À l’intérieur, les fresques de Nicolas Untersteller (Prix de Rome 1928) et de son épouse Hélène Delaroche, exécutées entre 1942 et 1946, célèbrent la glorification des anges. Le chœur présente une vision apocalyptique selon Saint Jean, tandis que le baptistère, aux tons bleutés, représente Adam et Ève assistés par des anges.
L’église abrite également un orgue Cavaillé-Coll datant d’environ 1840, installé sur la tribune du narthex. Ce détail, associé à la richesse de son décor intérieur – fresques, vitraux et mosaïques – souligne son statut de témoignage majeur de l’art sacré du XXe siècle en Île-de-France. Récemment rénovée, elle reste un lieu de culte actif et un exemple remarquable du patrimoine religieux moderne, alliant fonctionnalité, symbolisme et innovation technique.