Frise chronologique
XIIe-XIIIe siècles
Construction initiale
Construction initiale
XIIe-XIIIe siècles (≈ 1350)
Édification de l’église Saint-André par les Hospitaliers.
XIVe siècle
Fortification par les Hospitaliers
Fortification par les Hospitaliers
XIVe siècle (≈ 1450)
Ajout d’une enceinte crénelée contre les bandits.
vers 1650
Épidémie de peste noire
Épidémie de peste noire
vers 1650 (≈ 1650)
Construction de la chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Protection officielle de l’édifice par l’État.
1865
Ouverture d’une nouvelle porte
Ouverture d’une nouvelle porte
1865 (≈ 1865)
Aménagement pour faciliter l’accès des fidèles.
1876
Clocher transformé en prison
Clocher transformé en prison
1876 (≈ 1876)
Utilisation militaire temporaire du clocher.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise des Templiers : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem - Propriétaires et protecteurs |
Gérèrent l’église et la fortifièrent au XIVe siècle. |
| Famille Saint-André - Donateurs initiaux |
Lega l’église aux Hospitaliers au XIVe siècle. |
| Aougé de Coufitte - Chef local contre les Anglais |
Menait les habitants lors de la reconquête (1404). |
Origine et histoire
L’église des Templiers de Luz-Saint-Sauveur, dite aussi église Saint-André, fut construite aux XIIe et XIIIe siècles. Bien qu’associée aux Templiers, elle fut en réalité gérée par les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui la reçurent en legs de la famille Saint-André au XIVe siècle. Ces derniers y ajoutèrent une enceinte fortifiée à 14 côtés, avec murs crénelés et fossé, pour protéger les habitants des attaques des miquelets, bandits espagnols.
Au milieu du XIVe siècle, les Hospitaliers transformèrent l’église en lieu de refuge en surélevant la nef et le chevet pour y installer un chemin de ronde. La chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié fut ajoutée au XVIIe siècle, en réponse à une épidémie de peste noire ayant ravagé la région vers 1650. En 1865, une nouvelle porte fut percée au nord pour faciliter l’accès, et en 1876, le clocher servit brièvement de prison militaire.
L’église conserve des éléments remarquables comme un maître-autel en bois doré du XVIIe siècle, une pietà polychrome de la même époque, et des toiles peintes. La chapelle Saint-Roch abrite un décor mural daté de 1670, tandis que des fresques du XVe siècle ornent la chapelle de la Vierge. Classée monument historique dès 1840, elle incarne l’histoire médiévale et défensive de la vallée de Luz, marquée par les conflits frontaliers et les épidémies.
Le site est indissociable du château Sainte-Marie voisin (sur la commune d’Esterre), bâti au Xe siècle par les comtes de Bigorre et occupé successivement par les Hospitaliers et les Anglais. Ces deux édifices illustrent le rôle stratégique de Luz-Saint-Sauveur, carrefour des vallées pyrénéennes et lieu de pouvoir entre la Bigorre et l’Aragon.
Aujourd’hui propriété de la commune, l’église des Templiers reste un symbole du patrimoine religieux et militaire des Pyrénées. Son architecture hybride — à la fois lieu de culte et forteresse — témoigne des adaptations nécessaires pour survivre dans une région frontalière et montagneuse, exposée aux raids et aux aléas naturels.