Origine et histoire de Notre-Dame des Andelys
La collégiale Notre-Dame des Andelys, fondée en 1225 sur les ruines d’un couvent de femmes établi en 511 par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, est la plus ancienne fondation monastique attestée en Haute-Normandie. Classée monument historique dès 1840, elle allie des styles architecturaux variés, avec une façade du XIIIe siècle partiellement restaurée au XIXe siècle, un portail sud gothique flamboyant (XVe–XVIe siècles), et un portail nord Renaissance, construit sous le règne d’Henri II (1547–1559). L’édifice, de vastes dimensions (70 m de long, 24 m de large au transept), abritait autrefois une flèche centrale détruite pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les travaux de construction et d’embellissement se sont étendus jusqu’au XVIIe siècle, avec des restaurations majeures menées en 1860 par l’architecte Alphonse Durand. Les vitraux, en grande partie réalisés par des maîtres verriers du XVe siècle, incluent des œuvres d’Arnoult de Nimègue (1475–1540) et de Romain Buron, ainsi qu’une verrière dédiée à sainte Clotilde, offerte vers 1540–1550 par Alexandre La Vache et son épouse. Ces vitraux ont été restaurés au XIXe siècle par Édouard Didron, Pierre Gaudin, et les ateliers Duhamel Marette. Une frise sculptée sous les verrières nord illustre des scènes de la vie rurale.
L’église conserve un buffet d’orgue en bois sculpté de 1573, orné de scènes bibliques, mythologiques et scientifiques, ainsi qu’un instrument moderne signé Aristide Cavaillé-Coll. Parmi ses trésors picturaux figurent trois toiles de Quentin Varin (vers 1612), maître de Nicolas Poussin, et une œuvre de Jacques Stella (1640). La statuaire inclut un groupe sculpté du XVIe siècle représentant la mise au tombeau, provenant de la chartreuse de Bourbon-lèz-Gaillon. Plusieurs pierres tombales des XIIIe et XVIIe siècles y sont également présentes, dont celle de Richard de Saint-Laurent (vers 1254), doyen du chapitre d’Andely.
La collégiale est aussi liée à des figures littéraires : Marie de Lampérière, épouse de Pierre Corneille, et son beau-frère Thomas Corneille y sont inhumés, bien que leurs sépultures restent introuvables. En 1656, l’église reçut une relique de sainte Clotilde (une côte), renforçant son statut de lieu de vénération. Les tombeaux des anciens seigneurs de Radeval, mentionnés en 1718 par Nicolas Bertin, se trouvaient près du maître-autel. L’édifice, propriété de la commune, témoigne ainsi d’un patrimoine artistique, historique et religieux exceptionnel, marqué par des influences flamandes, renaissantes et baroques.