Origine et histoire de l'Église du Martrou
L'église du Martrou se trouve rue des Martyrs à Agen, en Lot-et-Garonne. Selon la tradition, saint Caprais fut martyrisé à Agen sous le principat d'Aurélien (270-275) et aurait été inhumé dans un hypogée de la nécropole des notables de la cité. Les restes du saint auraient ensuite été abrités dans une basilique Saint-Caprais citée par Grégoire de Tours en 592, mais les recherches archéologiques actuelles ne permettent pas de déterminer si cette basilique se dressait au‑dessus du tombeau ou sur l'emplacement de la future cathédrale. D'autres récits rapportent que sainte Foy fut martyrisée en 303 devant le proconsul Dacien, puis que, parmi les victimes, figurèrent sa sœur sainte Alberte, saint Caprais et près de 500 autres habitants. Les corps des martyrs auraient été jetés dans des marais au nord d'Agen, asséchés par la suite ; d'après le Livre des miracles de sainte Foy, certains corps furent recueillis, lavés et ensevelis en secret par des chrétiens. Une crypte, appelée Saint‑Caprais‑du‑Martyre ou Martrou, aurait été construite au Ve siècle à l'emplacement de ces inhumations ; elle subsiste sous l'ancienne chapelle des Pénitents gris, ancienne chapelle de l'hôpital Saint‑Jacques, et renferme notamment un puits où des corps auraient été précipités ; son accès fut fermé au XVIIe siècle. L'évêque Dulcide, vers 405, fit transférer la dépouille de sainte Foy dans une église dédiée pour abriter ses reliques ; il sépara aussi le corps de saint Caprais, le plaça dans un sarcophage et le fit déposer en ville dans l'édifice qui devint plus tard la collégiale Saint‑Caprais, reconstruite au XIIe siècle. La chapelle du Martrou, d'origine romane, et le sanctuaire de sainte Foy firent d'Agen une étape sur la route de pèlerinage vers Saint‑Jacques‑de‑Compostelle. À proximité, un hôpital du Martyre fut établi et la chapelle servit de chapelle hospitalière ; un hôpital Saint‑Jacques fut fondé au XIVe siècle et, en 1562, plusieurs établissements d'Agen furent réunis sous le nom d'hôpital Saint‑Jacques‑du‑Martyre. Cet ensemble fut fermé en 1819 lors d'une fusion avec l'hôpital général des Pauvres, qui prit alors le nom d'hôpital Saint‑Jacques ; cet établissement a par la suite été transformé en 1992 en Hôtel du département de Lot‑et‑Garonne. La chapelle du Martrou dépendait de la collégiale Saint‑Caprais et dépend aujourd'hui de l'église Sainte‑Foy ; elle a connu de nombreux remaniements du style roman au XXe siècle et fut restaurée après la réunion des hôpitaux au XVIe siècle. Une salle construite au‑dessus de la nef servait de lieu de réunion aux Pénitents gris. Le décor peint du chœur a été réalisé au XXe siècle, peintures attribuées à Giovanni Masutti en 1934, une autre source mentionnant une décoration peinte en 1941. En 2007, l'Association diocésaine d'Agen a entrepris des travaux de mise en valeur du clocher, d'amélioration de l'acoustique, d'installation de chauffage, de dallage de la crypte, de restauration de la façade, de peinture du chœur, d'éclairage et de badigeon des murs intérieurs, et l'édifice a reçu une affectation culturelle non cultuelle. L'église du Martrou est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 29 novembre 1995. L'édifice actuel comporte une nef rectangulaire lambrissée et un chœur voûté en cul‑de‑four ; sous ces espaces se trouve la crypte, édifiée au IVe siècle par les premiers chrétiens d'Agen à l'emplacement des sépultures des premiers martyrs.