Frise chronologique
303
Martyre de sainte Foy
Martyre de sainte Foy
303 (≈ 303)
Exécution sous Maximien, corps jetés dans les marais.
405
Transfert des reliques
Transfert des reliques
405 (≈ 405)
Évêque Dulcide déplace sainte Foy et saint Caprais.
Ve siècle
Construction de la crypte
Construction de la crypte
Ve siècle (≈ 550)
Saint-Caprais-du-Martyre abrite les reliques.
XIIe siècle
Édification de la chapelle romane
Édification de la chapelle romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Devenue étape sur la voie de Compostelle.
1563
Fusion des hôpitaux
Fusion des hôpitaux
1563 (≈ 1563)
Création de l’hôpital Saint-Jacques-du-Martyre.
1934
Fresque du chœur
Fresque du chœur
1934 (≈ 1934)
Peinte par Giovanni Masutti.
1995
Classement monument historique
Classement monument historique
1995 (≈ 1995)
Inscription par arrêté ministériel.
2007
Restauration majeure
Restauration majeure
2007 (≈ 2007)
Travaux menés par l’Association diocésaine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise avec l'ensemble de la parcelle bâtie (cad. BL 484) et les deux cours attenantes (cad. BL 484, 486) : inscription par arrêté du 29 novembre 1995
Personnages clés
| Sainte Foy - Martyre chrétienne |
Morte en 303, reliques transférées au Ve siècle. |
| Saint Caprais - Martyr et saint local |
Corps inhumé dans la crypte primitive. |
| Dulcide (ou Dulcidius) - Évêque d’Agen (vers 405) |
Transféra les reliques de sainte Foy. |
| Giovanni Masutti - Peintre italien |
Auteur de la fresque du chœur (1934). |
Origine et histoire
L’église du Martrou, située rue des Martyrs à Agen (Lot-et-Garonne), trouve son origine dans le martyre de sainte Foy et de saint Caprais au IVe siècle. Leurs corps, jetés dans des marais au nord de la ville, furent recueillis par des chrétiens et ensevelis dans une crypte construite au Ve siècle, appelée Saint-Caprais-du-Martyre ou Martrou (caveau des martyrs). Ce lieu, doté d’un puits où les corps furent précipités, devint un site de vénération après l’assèchement des marais. Au XIIe siècle, une chapelle romane fut édifiée au-dessus de la crypte, intégrée plus tard à un hôpital médiéval.
La chapelle, dépendante de la collégiale Saint-Caprais, fut remaniée à plusieurs reprises, notamment après 1563 lors de la fusion des hôpitaux agenais sous le nom Saint-Jacques-du-Martyre. Une salle fut ajoutée au-dessus de la nef pour les Pénitents gris. Au XXe siècle, la fresque du chœur fut peinte en 1934 par Giovanni Masutti, et des restaurations majeures eurent lieu en 2007 (clocher, acoustique, crypte). L’église, inscrite aux monuments historiques en 1995, allie aujourd’hui patrimoine religieux et vocation culturelle.
Le site est lié à la légende de sainte Foy, martyrisée en 303 sous l’empereur Maximien, et à celle de saint Caprais, évêque Dulcide (vers 405) ayant transféré leurs reliques dans des sanctuaires dédiés. Ces récits, consignés dans le Livre des miracles de sainte Foy, firent d’Agen une étape sur la voie de Compostelle. La crypte, fermée au XVIIe siècle, et la chapelle romane, transformée en lieu de réunion et de soin, témoignent de cette histoire mouvementée, entre dévotion, pèlerinage et adaptation aux besoins sociaux.
L’architecture actuelle comprend une nef rectangulaire lambrissée, un chœur voûté en cul-de-four, et la crypte du IVe siècle, cœur historique du monument. Les modifications successives (XVIIIe, XIXe, XXe siècles) reflètent son évolution, de l’hôpital médiéval à l’espace culturel contemporain. La restauration de 2007, menée par l’Association diocésaine d’Agen, a préservé ce patrimoine tout en lui offrant une nouvelle vocation, mêlant mémoire religieuse et événements profanes.