Frise chronologique
1946
Création de la paroisse
Création de la paroisse
1946 (≈ 1946)
Fondation par l’abbé Louis Prenel dans un quartier ouvrier.
1949-1951
Construction de l’église
Construction de l’église
1949-1951 (≈ 1950)
Réalisée par des bénévoles et financée par dons.
30 avril 1996
Classement monument historique
Classement monument historique
30 avril 1996 (≈ 1996)
Protection officielle de l’édifice et de ses décors.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AZ 109) : classement par arrêté du 30 avril 1996
Personnages clés
| Abbé Louis Prenel - Curé et initiateur |
À l’origine de la paroisse et du projet. |
| Maurice Novarina - Architecte |
Concepteur des plans de l’église. |
| Fernand Léger - Artiste peintre |
Auteur des vitraux et de la tapisserie. |
| Jean Bazaine - Artiste peintre |
Créateur de la mosaïque et vitraux du baptistère. |
| Père Marie-Alain Couturier - Intermédiaire artistique |
Coordinateur des collaborations avec les artistes. |
| Jean Le Moal - Artiste peintre |
Auteur des œuvres de la crypte. |
Origine et histoire
L’église du Sacré-Cœur d’Audincourt, construite entre 1949 et 1951 dans le département du Doubs, incarne l’art sacré moderne du XXe siècle. Initiée par l’abbé Louis Prenel pour une paroisse ouvrière créée en 1946, sa réalisation fut confiée à l’architecte Maurice Novarina, connu pour son travail sur l’église du plateau d’Assy. Financée par des dons, des quêtes et le bénévolat des paroissiens, elle symbolise la reconstruction post-Seconde Guerre mondiale dans un quartier marqué par l’industrie automobile.
L’édifice marie béton armé et pierre appareillée, avec une nef rectangulaire orientée nord-sud, une abside semi-circulaire et une crypte. Son architecture s’inspire des temples antiques (portique, toiture) et byzantins (clocher et baptistère décalés). Classée monument historique en 1996, elle se distingue par son minimalisme et son intégration d’œuvres d’artistes majeurs, reflétant les aspirations pacifistes et spirituelles de l’après-guerre.
Les décors intérieurs et extérieurs furent orchestrés par le père Marie-Alain Couturier, qui mobilisa des artistes renommés. Jean Bazaine réalisa la mosaïque abstraite de la façade et le vitrail du baptistère, tandis que Fernand Léger conçut les dix-sept vitraux en dalles de verre de la nef (thème de la Passion) et la tapisserie du chœur, intégrant des objets quotidiens. Jean Le Moal signa les vitraux de la crypte, une mosaïque murale et le pavement. Ces collaborations font de l’église un lieu unique, où art contemporain et spiritualité dialoguent.
L’église illustre aussi une démarche communautaire : les paroissiens participèrent activement à sa construction, et son financement reposa sur des emprunts et des collectes. Aujourd’hui, elle témoigne de l’audace architecturale et artistique de l’après-guerre, tout en restant un lieu de culte ancré dans son territoire industriel. Son classement en 1996 souligne sa valeur patrimoniale, à la fois historique, sociale et esthétique.