Origine et histoire de l'Église du Sacré-Coeur
L'église du Sacré-Cœur de Cholet, située dans le département de Maine-et-Loire, est un édifice religieux de style romano-byzantin construit entre 1937 et 1941. Conçue par l'architecte Maurice Laurentin, elle se distingue par son utilisation innovante du béton armé, habillé de matériaux locaux : brique, schiste orangé (pierre de Pineau), granit rose de Saint-Macaire-en-Mauges et granit bleu de Vezins. Une particularité historique mentionne que du ciment destiné au mur de l'Atlantique aurait été détourné pour sa construction. Son plan basilical et sa coupole évoquent les édifices romano-byzantins, tandis que son financement repose sur des dons de familles choletaises et des quêtes organisées par l'abbé Louis Cesbron, futur curé de la paroisse.
La décoration de l'église associe plusieurs artistes renommés : Charles Maillard (sculptures), Fernand Dupré (praticien local), Charles Mauméjean (mosaïques et vitraux), et Henri Génévrier (peintures murales sous le pseudonyme Grand’Aigle). La grande fresque intérieure, inspirée par la phrase « Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout à moi ! » choisie par l'abbé Cesbron, domine l'espace. Parmi les éléments remarquables, l’autel de Saint-Joseph, en bois et en forme d’établi, rend hommage au métier de charpentier de saint Joseph. Les vitraux, dont le « vitrail des bonnes » financé par des employées de maison, ainsi que les 39 cloches du carillon initial (étendu à 49 en 2011), soulignent l’engagement communautaire.
L'église est bénie le 26 octobre 1941 par Jean Camille Costes, évêque d’Angers, après quatre années de travaux. Classée monument historique en 1991, elle subit des restaurations majeures : la flèche en 2012, les vitraux en 2016, et le carillon en 2011, ce dernier étant lui-même classé depuis 2003. Le carillon, initialement critiqué pour son bruit pendant les siestes dominicales, est aujourd’hui un élément patrimonial majeur, classé 16e parmi les carillons français. L’édifice reste un lieu de culte actif et se visite l’été, grâce à des bénévoles qui partagent son histoire et ses secrets architecturaux.
Trois curés se sont succédé à sa tête : Louis Cesbron (1942–1955), Léon Quinton (1955–1971), et Étienne Pantais (1971–1977). L’église symbolise aussi un héritage social, avec des figures comme Julie Boidron, employée de maison ayant levé des fonds parmi les domestiques, ou le docteur Sourice, bienfaiteur notable. Son architecture et son histoire reflètent à la fois une foi locale ancrée et une audace technique pour l’époque, mêlant tradition et modernité.