Origine et histoire
L'église du Sacré-Cœur, située à Tourcoing dans le département du Nord, dépend du diocèse de Lille et est réputée pour le son de ses cloches. Construite de 1875 à 1880 par l'architecte tourquennois Louis Croïn, cette vaste église néogothique en brique et pierre s'inspire du gothique primitif du début du XIIIe siècle et se trouve à l'entrée de la ville, boulevard Gambetta qui relie Tourcoing à Roubaix. L'édifice, premier bâtiment achevé sur le boulevard Gambetta, adopte un plan en croix latine lisible sur sa façade symétrique dominée par le clocher qui marque la nef ; deux corps annexes flanqués d'absidioles indiquent les collatéraux. Le corps central réunit le portail et le clocher, séparés des façades latérales par deux contreforts octogonaux ornés d'arcatures, percés d'étroites meurtrières et coiffés de pinacles. Le portail de pierre, en arc brisé à archivoltes multiples, présente un tympan formé d'une petite arcade nichée dans le renfoncement et une porte dont le linteau porte des moulures en corbeau ; au-dessus, un vaste pignon est surmonté d'un fleuron cruciforme et de crochets à feuilles. Une rose octolobée aveugle, entourée de trois disques trilobés, occupe le centre du pignon. Le clocher, qui semble émerger du portail, est percé sur toutes ses faces sauf celle orientée vers la nef de deux meurtrières nichées dans des arcades trilobées géminées ; de fines colonnettes engagées forment, en partie haute, deux lancettes ouvertes au niveau des cloches et équipées d'abat-sons. Une rose surmontant ces lancettes abrite une horloge et l'ensemble est couronné d'un arc brisé en larmier ; aux angles tronqués, des contreforts coiffés de pinacles renforcent l'impression d'élévation, tandis que des pignons ornés de crochets et de pinacles animent toutes les faces avant la flèche, elle-même ceinte d'arcades en tiers-point au tiers de sa hauteur. Les façades latérales proposent chacune une entrée en arc surbaissé surmontée d'un trilobe, d'un pignon et de deux pinacles, ainsi qu'une large baie en lancette protégée par un larmier ; le sommet des façades est rythmé par une arcature se prolongeant sur les secondes façades. Celles-ci comportent une abside pentagonale dont chaque face, séparée par un contrefort, est percée d'une lancette ; les angles des corps annexes, à l'image du clocher, sont pourvus de contreforts surmontés de pinacles. Les sculptures ont été achevées uniquement sur la façade principale et le clocher ; sur le reste de l'édifice, les blocs de pierre sont restés simplement équarris. Les vitraux d'origine ont été soufflés en 1918 lors de l'explosion du pont hydraulique voisin provoquée par le départ des troupes allemandes ; ils ont été refaits durant l'entre-deux-guerres et le vitrail de Notre-Dame de la Treille a bénéficié d'une restauration en 2012. L'orgue a été réalisé en 1901 et l'intérieur a conservé sa décoration d'origine ; la chaire est remarquable par la représentation des sept vertus cardinales. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 5 avril 2019, inscription motivée davantage par la qualité des vitraux que par l'édifice lui-même. Elle est également connue pour la qualité de ses concerts, notamment ceux donnés par l'atelier choral du conservatoire de Tourcoing. Des ressources en ligne (Clochers de France, Mérimée), une association locale Les Amis du Sacré-Cœur et des archives photographiques documentent l'histoire et l'architecture de l'édifice.