Frise chronologique
1928
Décision de construction
Décision de construction
1928 (≈ 1928)
Lancement du projet par le cardinal Verdier.
1931
Fondation des Chantiers du Cardinal
Fondation des Chantiers du Cardinal
1931 (≈ 1931)
Œuvre sociale pour églises et emplois.
1935
Achèvement de l'église
Achèvement de l'église
1935 (≈ 1935)
Inauguration après 7 ans de chantier.
17 août 1979
Inscription partielle
Inscription partielle
17 août 1979 (≈ 1979)
Protection du décor intérieur (fresques, vitraux).
5 juillet 2016
Classement complet
Classement complet
5 juillet 2016 (≈ 2016)
L’église protégée en totalité.
2021
Transfert d’un orgue
Transfert d’un orgue
2021 (≈ 2021)
Orgue Rochesson (1940) prévu pour restauration.
juin 2025
Financement rénovation
Financement rénovation
juin 2025 (≈ 2025)
100 000 € alloués pour éclairage et fresques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. BV 01 41) : classement par arrêté du 5 juillet 2016
Personnages clés
| Cardinal Jean Verdier - Archevêque de Paris |
Initiateur des Chantiers du Cardinal. |
| Paul Tournon - Architecte |
Concepteur de l’église et coordinateur artistique. |
| Maurice Denis - Peintre |
Auteur de la fresque *Pentecôte* (absides). |
| Georges Desvallières - Peintre |
*Chemin de croix* sur toile marouflée. |
| Carlo Sarrabezolles - Sculpteur |
Statues du toit et éléments sculptés. |
| Jeanne Demessieux - Organiste |
Titulaire de l’orgue (1933–1962). |
| François Hennebique - Entrepreneur |
Spécialiste du béton armé pour la structure. |
Origine et histoire
L’église du Saint-Esprit, située dans le 12e arrondissement de Paris, fut construite entre 1928 et 1935 pour répondre à l’essor démographique post-Première Guerre mondiale. Initiée par le cardinal Verdier, surnommé « l’archevêque aux cent églises », elle s’inscrit dans le cadre des Chantiers du Cardinal, un programme social et religieux visant à ériger des lieux de culte dans les quartiers ouvriers tout en créant des emplois durant la crise des années 1930. L’édifice, achevé en 1935, est la réalisation la plus emblématique de ce mouvement. En juin 2025, les Chantiers du Cardinal allouent 100 000 euros à la rénovation de son éclairage et de ses fresques, pour des travaux estimés à 375 000 euros.
Conçue par l’architecte Paul Tournon, l’église se distingue par son architecture hybride, mêlant béton armé et briques de Bourgogne, sur un terrain triangulaire. Sa nef carrée, surmontée d’une coupole de 22 mètres de diamètre (inspirée de Sainte-Sophie d’Istanbul), et son clocher ajouté en 1963 en font un monument unique. Classée aux monuments historiques en 2016 (après une première inscription partielle en 1979 pour son décor intérieur), elle incarne l’innovation technique et artistique de l’entre-deux-guerres. Le béton brut domine l’intérieur, rehaussé par des fresques murales réalisées in situ par des artistes des Ateliers d’Art Sacré, comme Maurice Denis ou Georges Desvallières.
Le décor intérieur, inscrit en 1979, illustre un programme iconographique ambitieux : la diffusion de l’Esprit-Saint à travers l’histoire de l’Église, des Actes des Apôtres au XXe siècle. Les fresques, unifiées par une taille standard des personnages et un fond rouge, furent exécutées à la fresque traditionnelle (sur enduit frais), sauf exceptions comme la Pentecôte de Maurice Denis (peinte sur enduit sec) ou le Chemin de croix de Desvallières (toile marouflée). L’église abrite aussi des vitraux de Louis Barillet, des mosaïques de Jean Gaudin, et des sculptures de Carlo Sarrabezolles, formant un ensemble cohérent commandé par Tournon à des artistes croyants.
L’orgue, construit en 1934 par Gloton-Debierre d’après les plans d’Albert Alain, fut inauguré la même année. Initialement prévu avec un grand orgue et un orgue d’accompagnement, seul ce dernier vit le jour, faute de financements. Jeanne Demessieux en fut la titulaire de 1933 à 1962. En 2021, l’orgue Rochesson (1940) de l’église Saint-Nicaise de Rouen est annoncé pour y être transféré et restauré. L’accès à l’église se fait via les stations de métro Daumesnil (lignes 6 et 8) ou Michel Bizot (ligne 8).
L’édifice, propriété de la commune, symbolise à la fois une réponse pastorale à l’urbanisation croissante de l’est parisien et une audace architecturale. Son classement en 2016 consacre sa valeur patrimoniale, tandis que les travaux récents (comme la rénovation de 2025) soulignent la volonté de préserver son héritage artistique et spirituel. Les fresques, souvent obscurcies par la pénombre intérieure, restent un témoignage rare de l’art sacré moderne, mêlant tradition byzantine et techniques contemporaines.