Frise chronologique
1229
Fondation de l’hôpital
Fondation de l’hôpital
1229 (≈ 1229)
Création par l’Ordre du Saint-Esprit pour les déshérités.
XVe siècle
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
XVe siècle (≈ 1550)
Chapelle ornée édifiée simultanément au couvent des Augustins.
1670
Projet de succursale paroissiale
Projet de succursale paroissiale
1670 (≈ 1670)
Ordonné par le Parlement de Provence, retardé 30 ans.
1706
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1706 (≈ 1706)
Début des travaux après réduction du devis à 30 000 livres.
1716
Bénédiction de l’église
Bénédiction de l’église
1716 (≈ 1716)
Nommée paroisse Saint-Jérôme, mais appelée Saint-Esprit par les habitants.
1794
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1794 (≈ 1794)
Mise en vente sans acquéreur, rouverte en 1802.
1806
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1806 (≈ 1806)
Par Mgr Champion de Cicé, un siècle après le début des travaux.
1985
Classement monument historique
Classement monument historique
1985 (≈ 1985)
Protection officielle par arrêté du 31 décembre.
2009
Affectation étudiante
Affectation étudiante
2009 (≈ 2009)
Rattachée à la Communauté catholique étudiante d’Aix.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Esprit (cad. AB 293) : classement par arrêté du 31 décembre 1985
Personnages clés
| Laurent Vallon - Architecte |
Conçut l’église et réduisit le devis à 30 000 livres. |
| Cardinal Jérôme Grimaldi - Archevêque d’Aix (1648–1685) |
Parrain de la paroisse Saint-Jérôme, son nom officiel. |
| Jean Daret - Peintre |
Auteur de *La Pentecôte* (1653) et d’autres tableaux disparus. |
| Napoléon Bonaparte - Empereur |
Séjourna en 1799 au retour d’Égypte. |
| Pape Pie VII - Prisonnier de Napoléon |
Célébra une messe en 1809 pendant son exil. |
| Chanoine Jean-Antoine Emery - Curé (1836–1846) |
Restaura l’orgue et embellit l’église, félibre provençal. |
Origine et histoire
L’église du Saint-Esprit d’Aix-en-Provence trouve ses origines au XIIIe siècle avec la fondation d’un hôpital par l’Ordre du Saint-Esprit, dédié à l’accueil des déshérités. Situé à l’ouest de la ville, près de la campagne, cet établissement fut complété au XVe siècle par une chapelle richement ornée, tandis qu’en face s’élevait le couvent des Augustins. Les deux chantiers, menés simultanément, marquèrent le paysage urbain et religieux de la cité.
Au XVIIe siècle, l’expansion démographique d’Aix vers l’ouest, avec la création du quartier Villeverte, rendit la chapelle de l’hôpital exiguë pour les fidèles. Malgré des tracés urbains médiévaux jugés archaïques, la pression populaire conduisit à un projet de nouvelle église paroissiale. Après des décennies de négociations entre le Parlement de Provence, le chapitre de la cathédrale et les habitants, le devis fut finalement réduit de 50 000 à 30 000 livres par l’architecte Laurent Vallon, permettant la pose de la première pierre en 1706.
L’église, bénie en 1716 sous le nom de paroisse Saint-Jérôme en hommage au cardinal Grimaldi, fut achevée en 1726, mais souffrit dès sa construction de faiblesses structurelles dues aux économies réalisées. Malgré ces défauts, son intérieur baroque, orné de sculptures et de tableaux, ainsi que son orgue exceptionnel issu du couvent des Carmes, en firent un lieu de culte majeur. Pendant la Révolution, elle fut fermée en 1794, mise en vente sans succès, puis rouverte en 1802 avant d’être consacrée en 1806.
Le XIXe siècle vit l’église s’enrichir de dons et de restaurations, comme celles de l’orgue par Antoine-Prosper Moitessier en 1858. Au XXe siècle, elle fut classée monument historique en 1985 et affectée en 2009 à la Communauté catholique étudiante d’Aix, tout en restant rattachée à la paroisse de la cathédrale Saint-Sauveur. Son architecture, mêlant sobriété extérieure et décoration intérieure fastueuse, reflète les influences provençales, corses et espagnoles, tandis que son histoire croise celles de personnalités comme Napoléon Bonaparte, le pape Pie VII ou le comte de Mirabeau.
Parmi les éléments remarquables, le maître-autel du XVIIIe siècle, conservé intact grâce à un don pendant la Révolution, et les stalles provenant probablement d’un couvent disparu, illustrent le patrimoine mobilier de l’édifice. Les tableaux, comme La Pentecôte de Jean Daret ou Le Christ en Croix de Dandré-Bardon, ainsi que les statues des quatre paroisses aixoises, témoignent de son rôle artistique et spirituel. Les ferronneries, lustres et bénitiers en marbre rouge complètent cet ensemble, faisant de l’église un joyau du patrimoine religieux provençal.