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Église du Saint-Esprit des Guibertes au Monêtier-les-Bains dans les Hautes-Alpes

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise

Église du Saint-Esprit des Guibertes

  • Rue du Caire
  • 05220 Le Monêtier-les-Bains
Église du Saint-Esprit des Guibertes
Église du Saint-Esprit des Guibertes
Église du Saint-Esprit des Guibertes
Église du Saint-Esprit des Guibertes
Église du Saint-Esprit des Guibertes
Église du Saint-Esprit des Guibertes
Église du Saint-Esprit des Guibertes
Crédit photo : Odenel - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
5120 Les Guibertes 05220 Le Monêtier-les-Bains

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1510
Construction de la chapelle originale
1644
Fondation de la confrérie
1707-1712
Reconstruction majeure
1770
Incendie destructeur
1836
Érection en paroisse
1988
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise, y compris son presbytère (cad. AR 193) : inscription par arrêté du 29 février 1988

Personnages clés

Saint Antoine d'Égypte - Saint patron et ermite Invoqué contre pestes et ergotisme.
Les pénitents des Guibertes - Confrérie religieuse et funéraire Active de 1644 aux années 1920.
Les émigrés libraires de Turin/Milan - Bienfaiteurs au XVIIIe siècle Financèrent l’embellissement baroque.

Origine et histoire de l'Église du Saint-Esprit

L’église du Saint-Esprit des Guibertes, située au Monêtier-les-Bains dans les Hautes-Alpes, trouve ses origines au début du XVIe siècle avec une chapelle succursale construite en 1510 sous la tutelle de la paroisse locale. Les habitants, appelés Guibertins, finançaient collectivement des messes dans ce lieu de culte, qui brûla à trois reprises (1665, 1741, 1770). La reconstruction majeure entre 1707 et 1712, après l’incendie de 1665, donna naissance à l’édifice actuel, marqué par sa coupole et son clocher inspirés de la collégiale de Briançon. L’église fut érigée en paroisse indépendante en 1836, avant de perdre ce statut vers 1925 avec le départ du dernier curé.

Au XVIIIe siècle, l’église bénéficia de dons généreux d’émigrés, notamment des libraires de Turin et Milan, qui contribuèrent à son embellissement. Son architecture composite reflète trois phases distinctes : la partie centrale carrée (ancienne chapelle du XVIe siècle), la nef élargie à l’ouest, et le chœur à chevet plat adossé à la cure. Le clocher, à quatre étages percés de seize baies, est surmonté d’un dôme à l’impériale et d’un lanternon, réplique de celui de Briançon. La façade monumentale, datée de 1847, arbore un fronton triangulaire et une niche vide dont la statue a été transférée au musée d’Art sacré local.

Classée Monument Historique en 1988, l’église abrite un mobilier baroque exceptionnel, dont trois autels en pin cembro sculpté (1651 pour le maître-autel), des statues de saints (notamment Saint Antoine, invoqué contre les maladies), et une tribune réservée aux pénitents, active de 1644 aux années 1920. Les verrières blanches, typiques du baroque, éclairent des tableaux rénovés (XXIe siècle), comme ceux représentant la Vierge ou Saint Antoine. Malgré sa richesse patrimoniale, l’église souffre aujourd’hui de murs intérieurs décrépis, en attente de restauration depuis les années 2010, bloquée par des contraintes administratives et juridiques.

La confrérie des pénitents, fondée en 1644, joua un rôle central dans la vie religieuse et funéraire du hameau jusqu’au début du XXe siècle. Ses membres, élus tous les deux ans (recteur, trésorier), organisaient processions et assistance aux défunts. Leur tribune, appelée les plans, conserve bancs-coffres, bâtons de procession et lanternes. L’église illustre aussi l’artisanat local, avec une chaire en mélèze (bois abondant dans la vallée) et des fonts baptismaux en granite (1707), caractéristiques de la région.

Saint Antoine d’Égypte, patron de l’église aux côtés du Saint-Esprit, y est honoré pour sa protection contre les maladies (peste, ergotisme). Ses reliques, transférées en Dauphiné au XIe siècle, inspirèrent une dévotion locale forte, symbolisée par ses attributs (cochon, tau, livre). L’édifice, aujourd’hui propriété de la mairie, reste un témoignage majeur du baroque alpin et de l’histoire religieuse des Hautes-Alpes, bien que sa restauration patine en raison de complexités légales et financières.

Liens externes

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