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Église du Vieux Lugo à Lugos en Gironde

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise romane et gothique

Église du Vieux Lugo

    20 Route d'Arcachon
    33830 Lugos
Propriété de la commune
Église du Vieux Lugo
Église du Vieux Lugo
Église du Vieux Lugo
Église du Vieux Lugo
Église du Vieux Lugo
Église du Vieux Lugo
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Église du Vieux Lugo
Église du Vieux Lugo
Église du Vieux Lugo
Église du Vieux Lugo
Crédit photo : Erics - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Construction initiale
XVe siècle
Remaniements majeurs
1643
Date de la cloche
XVIIe siècle
Apogée et déclin
1849
Abandon de l'église
1955
Redécouverte des fresques
21 septembre 1957
Classement MH
2005
Restauration du clocher
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise du Vieux Lugos (cad. A 525 2è feuille) : classement par arrêté du 21 septembre 1957

Personnages clés

Abbé Thomas - Découvreur des fresques A identifié et documenté les peintures en 1955
Jean-Auguste Brutails - Photographe historique A immortalisé le porche au début du XXe
Lug - Divinité celte hypothétique Origine possible du toponyme *Lugo*

Origine et histoire

L'église du Vieux Lugo, dédiée à saint Michel, fut construite au XIe siècle en grès ferrugineux au cœur de la forêt landaise, sur le site de l'ancien village de Lugo, aujourd'hui disparu. Ce village médiéval s'était développé au croisement de deux chemins historiques : la voie Bordeaux-Dax (vers l'Espagne) et l'itinéraire La Teste-de-Buch-Bazas, tous deux empruntés par les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le gué sur la Leyre, flottable pour le transport de bois et de sel, jouait un rôle économique majeur, bien que son franchissement hivernal fût périlleux.

Le déclin de Lugo débuta au XVIIIe siècle après le déplacement du cours de la Leyre et la construction de la route royale Bordeaux-Bayonne, passant par Belin. Le village se déplaça progressivement vers l'actuel Lugos, à 5 km au sud-ouest. L'église, abandonnée vers 1849 après la construction d'un nouveau lieu de culte au bourg, conserve des traces de son passé : un clocher du XVe siècle (remplaçant un clocher-mur primitif), une cloche datée de 1643, et une chapelle Notre-Dame ajoutée au XVIIe siècle. Son cimetière, entouré d'un muret aujourd'hui disparu, fut abandonné au début du XXe siècle.

À l'intérieur, la nef romane abrite des peintures murales du XVe siècle, redécouvertes en 1955 par l'abbé Thomas. Ces fresques illustrent des thèmes liés aux pèlerinages compostellans : les sept péchés capitaux, le dit des trois morts et des trois vifs (rappel de la mortalité), et le miracle du pendu-dépendu (légende jacquaire). Une veyrine (ouverture murée dans l'abside) servait probablement aux baptêmes, selon une tradition aquitaine pré-chrétienne de passage des nourrissons par des ouvertures étroites. Les vitraux actuels, installés dans les années 1950, remplacent des baies romanes originelles.

Classée Monument Historique en 1957, l'église a bénéficié de restaurations majeures : toiture (années 1950 et 1998), clocher (2005). Le mobilier inclut des statues de Notre-Dame de la Vallée et saint Michel, ainsi qu'un saint Jacques portant un enfant, rappelant son rôle d'étape sur les chemins de Compostelle. Les aquarelles des fresques, réalisées en 1955, sont conservées au Musée de l'Homme à Paris en prévision d'une éventuelle restauration.

Le site, accessible par un chemin forestier depuis Lugos ou Belin-Béliet, témoigne de l'histoire des Landes médiévales : un lieu de passage, de commerce (bois, sel, résine) et de dévotion, aujourd'hui préservé au milieu des pins. La légende locale évoque une porte des cagots (entrée murée pour les lépreux ou excommuniés), bien que son usage réel reste incertain. L'église reste un lieu de pèlerinage et de recueillement, entouré d'ex-voto déposés par les visiteurs.

Liens externes