Crédit photo : Jochen Jahnke 13:56, 16. Nov. 2007 (CET) - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
932
Première mention de Carennac
Première mention de Carennac
932 (≈ 932)
Donation de l’église Saint-Saturnin à Beaulieu-sur-Dordogne.
1047-1048
Donation à Cluny
Donation à Cluny
1047-1048 (≈ 1048)
L’évêque de Cahors cède l’église à Cluny.
1090-1110
Début de la construction
Début de la construction
1090-1110 (≈ 1100)
Édification de l’église romane actuelle.
1150
Ajout du porche sculpté
Ajout du porche sculpté
1150 (≈ 1150)
Embellissement grâce à l’opulence du prieuré.
1295
Érection en doyenné
Érection en doyenné
1295 (≈ 1295)
Carennac parmi les 13 prieurés majeurs de Cluny.
1360
Destruction pendant la guerre de Cent Ans
Destruction pendant la guerre de Cent Ans
1360 (≈ 1360)
Paroisse déclarée *déserte* et ruine du cloître.
1478-1507
Reconstruction du cloître
Reconstruction du cloître
1478-1507 (≈ 1493)
Travaux menés par le doyen Jean Dubrueilh.
1787
Suppression du monastère
Suppression du monastère
1787 (≈ 1787)
Arrêt du conseil du roi mettant fin au prieuré.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Bâtiments monastiques dispersés entre particuliers.
1893
Classement de l’église
Classement de l’église
1893 (≈ 1893)
Protection au titre des monuments historiques.
1914
Classement du cloître
Classement du cloître
1914 (≈ 1914)
Reconnaissance de sa valeur patrimoniale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église (cad. AE) : classement par arrêté du 2 mai 1893 - Le cloître (cad. AE) : classement par journal officiel du 18 avril 1914
Personnages clés
| Frotard et Adalberg - Vicomte et vicomtesse de Cahors |
Donateurs de l’église Saint-Saturnin en 932. |
| Bernard III de Castelnau - Évêque de Cahors |
Cède l’église à Cluny vers 1047-1048. |
| Alexandre III - Pape |
Confirme les possessions de Carennac en 1175. |
| Boniface VIII - Pape |
Autorise l’érection en doyenné en 1295. |
| Jean Dubrueilh - Doyen de Carennac (1478-1507) |
Reconstruit le cloître après la guerre. |
| Alain de Ferrières - Doyen (1529-1554) |
Construit le château et les chapelles nord. |
| Aymar de Ferrières - Doyen (1554-1571) |
Fortifie le doyenné pendant les guerres de Religion. |
| François de Salignac de la Mothe Fénelon - Doyen et écrivain |
Membre de la famille contrôlant le doyenné au XVIIe. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre de Carennac, située dans le Lot en Occitanie, est un ancien prieuré bénédictin dépendant de l’abbaye de Cluny. Fondé au XIe siècle sur les bases d’une église primitive dédiée à saint Saturnin (mentionnée dès 932), le prieuré se développe grâce à des donations successives, devenant un doyenné en 1295. Son église, construite entre 1090 et 1110, mêle des éléments romans (nef, chapiteaux sculptés) et un chœur remanié au XIIIe siècle. Le cloître, partiellement roman et partiellement gothique, est reconstruit après la guerre de Cent Ans par le doyen Jean Dubrueilh (1478-1507).
La richesse du prieuré, attestée par des bulles papales et des procès-verbaux de Cluny, permet son embellissement (porche sculpté vers 1150, peintures murales). Détruit pendant la guerre de Cent Ans (la paroisse est déclarée deserta en 1360), il renaît à la Renaissance avec l’ajout d’un château des doyens et de chapelles nord. Au XVIIe siècle, la famille Salignac de la Mothe Fénelon en prend le contrôle, mais le déclin s’amorce : en 1787, le monastère est supprimé, et ses bâtiments vendus comme biens nationaux en 1791. L’église, classée en 1893, et le cloître (classé en 1914) subsistent comme témoignages de ce passé monastique.
Le cloître, mi-roman (galerie nord) mi-gothique (arcades brisées), s’organise autour d’une cour bordée de bâtiments conventuels. La salle capitulaire, voûtée d’ogives, conserve des culots sculptés représentant des moines. Un escalier en vis dessert les galeries supérieures. À proximité, le château des doyens (XVIe siècle) et des chapelles latérales complètent l’ensemble. Une peinture murale du XVe-XVIe siècle, découverte en 1977, illustre le Dit des trois morts et des trois vifs, rappel moral sur la vanité des plaisirs terrestres.
Les destructions des guerres (Cent Ans, Religion) et les spoliations révolutionnaires ont altéré le site. Les bâtiments conventuels, transformés en locaux agricoles, ont perdu une partie de leur décor. Malgré cela, l’église et son cloître restent des exemples majeurs de l’art roman et gothique en Quercy, marqués par l’influence clunisienne et les reconstructions Renaissance. Leur classement au titre des monuments historiques en protège aujourd’hui l’héritage architectural et spirituel.