Frise chronologique
Xe siècle
Donation à Saint-Sever
Donation à Saint-Sever
Xe siècle (≈ 1050)
Duc Guillaume Sanche cède la cure
1259
Premier mention du castrum
Premier mention du castrum
1259 (≈ 1259)
Hommage au comte de Toulouse
Fin XIIe–début XIIIe siècle
Construction de l’église actuelle
Construction de l’église actuelle
Fin XIIe–début XIIIe siècle (≈ 1325)
Nef primitive et tour défensive
XVe siècle
Voûtement de la nef
Voûtement de la nef
XVe siècle (≈ 1550)
Ogives avec liernes et tiercerons
XVIe siècle
Ajout de la chapelle latérale
Ajout de la chapelle latérale
XVIe siècle (≈ 1650)
Voûtée et peinte au XVIIe
1941
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1941 (≈ 1941)
Protection officielle de l’édifice
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Jean : classement par arrêté du 15 novembre 1941
Personnages clés
| Guillaume Sanche - Duc de Gascogne (Xe siècle) |
Donateur de la cure à Saint-Sever |
| Bernard de Grauhet - Seigneur local (1287) |
Rend hommage pour le castrum |
| Casimir Laffitte - Architecte (XIXe siècle) |
Dirige la restauration de 1884 |
Origine et histoire
L’église Saint-Jean de Villeneuve-de-Mézin, située à Lannes en Lot-et-Garonne, est un édifice religieux à vocation défensive construit à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Intégrée au castrum de Villeneuve — mentionné dès 1259 dans un hommage au comte de Toulouse —, elle servait de point fortifié à la limite de la forêt landaise. Son chœur, voûté en berceau brisé, occupe le rez-de-chaussée d’une tour d’enceinte surélevée d’un clocher-mur, tandis que la nef primitive, non voûtée à l’origine, abritait une salle de garde accessible par un escalier mural. Des hourds en bois, remplacés plus tard par des mâchicoulis, protégeaient les abords jusqu’au XVe siècle.
Au XIIe siècle, la cure dépendait du prieuré bénédictin de Buzet (ordre de Cluny), lui-même lié à l’abbaye de Saint-Sever depuis une donation du duc Guillaume Sanche de Gascogne au Xe siècle. La nef fut voûtée d’ogives au XVIe siècle, réduisant la hauteur de la salle des gardes, tandis qu’une chapelle latérale — décorée de peintures au XVIIe siècle — fut ajoutée côté sud. Le portail ouest, orné d’un chrisme et d’un monogramme énigmatique (BAIGSNT), témoigne des transformations successives, notamment les restaurations des XIXe et XXe siècles (clocher en 1901, escalier en 1880).
Classée Monument Historique en 1941, l’église conserve des éléments défensifs remarquables : murs épais crénelés, chemin de ronde avec chéneau en pierre, et traces de hourds. Son histoire reflète les adaptations d’un lieu de culte en bastion protecteur, mêlant fonctions religieuse et militaire. Les trous de boulins sous le chemin de ronde rappellent les hourds disparus, tandis que les voûtes à liernes et tiercerons illustrent l’évolution architecturale entre Moyen Âge et Renaissance.
Le site, propriété communale, est un vestige clé du castrum de Villeneuve, dont subsistent aussi un mur d’enceinte et une porte fortifiée. Les sources écrites (Marboutin, Tholin) soulignent son rôle dans la défense locale, ainsi que les liens avec les seigneurs gascons et l’Église clunisienne. Les peintures du XVIIe siècle dans la chapelle latérale ajoutent une dimension artistique à ce monument hybride, symbole de la dualité sacrée et guerrière du patrimoine médiéval.