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Propriété de la commune
16390 Aubeterre-sur-Dronne, Rue Saint Jean
Frise chronologique
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
…
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIIe siècle
Origines paléochrétiennes
Origines paléochrétiennes VIIe siècle (≈ 750)
Création cavité primitive et piscine baptismale.
1155–Révolution
Statut de collégiale séculière
Statut de collégiale séculière 1155–Révolution (≈ 1155)
Gérée par des chanoines, non des moines.
XIIe siècle
Agrandissement bénédictin
Agrandissement bénédictin XIIe siècle (≈ 1250)
Pierre de Castillon agrandit l’église après croisade.
vers 1550
Changement de vocable
Changement de vocable vers 1550 (≈ 1550)
Dédiée à saint Jean pendant guerres de Religion.
1794
Transformation en fabrique de salpêtre
Transformation en fabrique de salpêtre 1794 (≈ 1794)
Réutilisation pour les armées révolutionnaires.
1865
Fin de l’usage comme cimetière
Fin de l’usage comme cimetière 1865 (≈ 1865)
Fermeture par arrêté de salubrité publique.
3 septembre 1912
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 3 septembre 1912 (≈ 1912)
Protection officielle de l’État.
1958
Début des fouilles modernes
Début des fouilles modernes 1958 (≈ 1958)
Redécouverte des ossements et châsses.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise souterraine monolithe : classement par arrêté du 3 septembre 1912
Personnages clés
Pierre de Castillon - Vicomte d’Aubeterre
Agrandit l’église au XIIe après croisade.
Maréchal d’Esparbès de Lussan - Seigneur local
Dépouille retrouvée dans le reliquaire (1848).
Origine et histoire de l'Église monolithe Saint-Jean
L’église monolithe Saint-Jean d’Aubeterre, creusée dans une falaise calcaire surplombant le village, trouve ses origines au VIIe siècle avec une première cavité primitive. Une piscine baptismale ornée d’une croix grecque, taillée directement dans la roche, témoigne de cette période paléochrétienne. L’édifice, initialement dédié au Saint-Sauveur, est agrandi au XIIe siècle sous l’impulsion de Pierre de Castillon, vicomte d’Aubeterre, de retour de croisade. Inspiré par les églises rupestres de Cappadoce, il y installe des reliques dans deux memoriae imitant le Saint-Sépulcre, utilisant une technique de creusement du haut vers le bas pour éviter les éboulements.
Au XIIe siècle, une communauté de moines bénédictins transforme l’église, lui donnant sa configuration actuelle avec une nef, un bas-côté et un reliquaire roman de six mètres de haut. Le monument devient une collégiale séculière (1155–Révolution), gérée par des chanoines financés par dix-huit paroisses voisines. Pendant les guerres de Religion (vers 1550), son vocable change pour saint Jean. L’église, étape possible sur le chemin de Compostelle, abrite aussi une nécropole de quatre-vingts sarcophages et une crypte préchrétienne.
Après la Révolution, l’édifice perd sa fonction religieuse : transformé en fabrique de salpêtre (1794) pour les armées révolutionnaires, puis en cimetière jusqu’en 1865. Classé Monument Historique en 1912, il est fouillé et restauré à partir de 1958, révélant des ossements de seigneurs locaux (dont le maréchal d’Esparbès de Lussan) et des châsses de plomb. Aujourd’hui, avec 65 000 visiteurs annuels (2014), il fait l’objet de travaux de consolidation pour préserver son architecture soustractive unique, mêlant voûtes en plein cintre, piliers octogonaux et galeries troglodytiques.
L’église monolithe partage des similitudes avec deux autres sites régionaux : l’église souterraine de Saint-Émilion et la chapelle de l’ermitage Saint-Martial à Mortagne-sur-Gironde. Son reliquaire, inspiré du Saint-Sépulcre de Jérusalem, et sa cuve baptismale paléochrétienne en font un témoignage exceptionnel de l’art roman et des pratiques religieuses médiévales. Les pierres extraites lors de son creusement auraient servi à construire le château voisin, dominant la vallée de la Dronne.
Devenir actuel
Visitée par 65 000 personnes en 2014, l'église va être l'objet « d'importants travaux de consolidation et de rénovation » sur plusieurs années qui pourraient débuter fin 2015, pour un budget estimé à quatre millions d'euros.