Frise chronologique
1896
Achat du terrain
Achat du terrain
1896 (≈ 1896)
Curé Brenier acquiert le terrain rue Boulay-de-la-Meurthe.
10 juin 1900
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
10 juin 1900 (≈ 1900)
Début de la construction de la première église.
19 janvier 1908
Inauguration de la première église
Inauguration de la première église
19 janvier 1908 (≈ 1908)
Bénédiction par l’évêque Foucault.
1944
Destruction par bombardements
Destruction par bombardements
1944 (≈ 1944)
Seule la façade subsiste partiellement.
8 décembre 1946
Chapelle provisoire en bois
Chapelle provisoire en bois
8 décembre 1946 (≈ 1946)
Reconstruction temporaire par les habitants.
1953
Décision de reconstruction
Décision de reconstruction
1953 (≈ 1953)
Projet confié à Jean Crouzillard.
1956
Début des travaux
Début des travaux
1956 (≈ 1956)
Première pierre de la nouvelle église.
12 octobre 1958
Consécration de l’église
Consécration de l’église
12 octobre 1958 (≈ 1958)
Inauguration après deux ans de chantier.
2011
Classement monument historique
Classement monument historique
2011 (≈ 2011)
Protection intégrale de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. AC 175) : classement par arrêté du 15 avril 2011
Personnages clés
| Michel Auguste Brenier - Curé d’Épinal (XIXe siècle) |
Acheta le terrain en 1896. |
| Alphonse-Gabriel Foucault - Évêque de Saint-Dié |
Inaugura la première église en 1908. |
| Pierre-Fourier Evrard - Curé (1920-1939) |
Dirigea les embellissements de la première église. |
| Jean Crouzillard - Architecte (XXe siècle) |
Conçut la reconstruction moderne de 1956. |
| Gabriel Loire - Maître-verrier |
Réalisa la verrière et les vitraux abstraits. |
| Léon Leyritz - Sculpteur et émailleur |
Créa le portail, le chemin de croix et le baptistère. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-au-Cierge d’Épinal, située dans le département des Vosges, remplace un premier édifice détruit en 1944 par les bombardements. Construite entre 1956 et 1958 sous la direction de l’architecte Jean Crouzillard, elle symbolise le renouveau architectural religieux du XXe siècle, mêlant béton, sobriété et lumière. L’église est classée monument historique depuis 2011 et labellisée « Patrimoine XXe siècle » par le ministère de la Culture.
La première église Notre-Dame, inaugurée en 1908, fut édifiée pour répondre à la croissance démographique d’Épinal. Son nom provient d’une statuette de la Vierge, sauvée lors d’une inondation en 1778 et offerte à la paroisse. Embellie entre 1920 et 1939 sous l’impulsion du curé Pierre-Fourier Evrard, elle fut dotée d’une rosace, d’un orgue et d’un chœur achevé en 1936, avant d’être rasée en 1944.
La reconstruction de l’église s’inscrit dans le plan d’urbanisme d’après-guerre du quartier de la gare d’Épinal, avec un axe central reliant la gare au centre-ville. Jean Crouzillard, inspiré par Auguste Perret, opte pour le béton et une structure rectangulaire aux lignes épurées. Le projet initial, ambitieux (façade en éventail, tour monumentale), fut simplifié pour respecter les contraintes budgétaires du ministère de la Reconstruction.
L’intérieur se distingue par une nef de 55 mètres de long, éclairée par des vitraux abstraits de Gabriel Loire, dont une verrière de 180 m2 représentant la vie de la Vierge, la plus grande de France. Léon Leyritz signe le portail en émail, le chemin de croix en plomb, et la décoration du baptistère, où une vasque en pierre blanche est surmontée d’un couvercle conique mobile. La crypte, sous le chœur, abrite un autel en marbre blanc datant de 1958.
L’église intègre des symboles forts : le portail évoque le Christ rayonnant sur le monde, entouré des évangélistes et des planètes, tandis que les vitraux, dominés par le bleu et le rouge, guident vers la contemplation. La façade, sobre, contraste avec l’éclat coloré de l’abside, révélant une progression lumineuse depuis l’entrée vers le chœur. Ce lieu de culte reste un témoignage marquant de l’art sacré moderne en Lorraine.
Classée pour son architecture innovante et son mobilier artistique, Notre-Dame-au-Cierge illustre la résilience spirituelle et urbaine d’Épinal après 1945. Son label « Patrimoine XXe siècle » souligne son rôle dans l’histoire de la reconstruction française, alliant fonctionnalité paroissiale et audace esthétique.