Frise chronologique
VIIIe siècle (4e quart)
Fondation du prieuré de Charroux
Fondation du prieuré de Charroux
VIIIe siècle (4e quart) (≈ 850)
Donation par Rogier et Euphrasie incluant Alloue.
23 avril 1121
Donation de l'église à Charroux
Donation de l'église à Charroux
23 avril 1121 (≈ 1121)
Guillaume Ier, évêque de Poitiers, cède l'église.
Fin XIIe - Début XIIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
Fin XIIe - Début XIIIe siècle (≈ 1325)
Période de construction initiale du monument.
1356
Pillage du prieuré
Pillage du prieuré
1356 (≈ 1356)
Événement marqué pendant la guerre de Cent Ans.
1547
Terrier du prieuré
Terrier du prieuré
1547 (≈ 1547)
Recensement des biens (20 maisons, 125 tenures).
1781
Extinction du prieuré
Extinction du prieuré
1781 (≈ 1781)
Fin de la résidence des prieurés.
1929
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1929 (≈ 1929)
Protection officielle de l'édifice.
1986
Restauration de la toiture
Restauration de la toiture
1986 (≈ 1986)
Pose d’un coq et fin des travaux en 1989.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame : classement par arrêté du 16 septembre 1929
Personnages clés
| Rogier, comte de Limoges - Fondateur indirect du prieuré |
Dona la terre d’Alloue à Charroux (VIIIe s.). |
| Euphrasie, comtesse de Limoges - Co-fondatrice avec Rogier |
Épouse de Rogier, impliquée dans la donation. |
| Guillaume Ier, évêque de Poitiers - Donateur de l'église en 1121 |
Cède l’église Notre-Dame à l’abbaye de Charroux. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame d’Alloue, construite entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle, présente un plan allongé avec une nef de cinq travées voûtées en berceau brisé. Son carré sous clocher, couvert d’une coupole octogonale sur pendentifs, et son chœur à sept pans éclairés de fenêtres étroites illustrent l’architecture romane de transition. Le portail nord, orné de sept voussures en arc brisé et surmonté d’un fronton triangulaire, abrite une statuette de saint André. Les chapiteaux, décorés simplement, et les contreforts plats renforçant les angles du chevet soulignent la sobriété géométrique de l’édifice.
Le prieuré bénédictin adjacent, fondé indirectement par Rogier, comte de Limoges, et son épouse Euphrasie au VIIIe siècle via la dotation à l’abbaye de Charroux, s’est développé autour d’une cour bordée de bâtiments utilitaires et résidentiels. Un logis prioral, doté d’un hagioscope permettant de voir l’intérieur de l’église, et des douves sèches à l’ouest délimitent l’ensemble. Le prieuré, pillé en 1356 et décliné après 1781, était un centre seigneurial exerçant basse, moyenne et haute justice, comme en témoigne un terrier de 1547 recensant ses biens.
L’église, classée Monument Historique en 1929, a subi des restaurations majeures au XIXe et XXe siècles, notamment la réfection de sa toiture (1986) et la remise en état de son portail. Les archives mentionnent des travaux dès 1831 (charpente, voûte) et en 1862 (clocher). Le prieuré, vendu comme bien national à la Révolution, est aujourd’hui une propriété privée, tandis que l’église, propriété communale, conserve des éléments défensifs comme des embrasure de tir et des meurtrières, traces de son histoire mouvementée.
L’architecture de l’église mêle influences romanes (voûtes en berceau, abside en cul-de-four) et innovations gothiques naissantes (arcs brisés, baies jumelles du clocher). Le clocher, rectangulaire à l’étage des cloches, est percé de lancettes jumelées reposant sur des colonnettes, tandis que l’abside, à sept pans, alterne étroits contreforts et fenêtres ébrasées. Ces caractéristiques, combinées aux vestiges du prieuré (logis, tours, douves), en font un témoignage rare de la vie monastique et seigneuriale médiévale en Poitou-Charentes.
Le site, bordé par la Charente au sud, intègre des éléments civils et religieux : un pont couvert à l’entrée ouest, une galerie reliant la tour d’escalier à l’ancienne cuisine priorale, et un puits devant le four. Les bâtiments, couverts de tuiles creuses ou d’ardoises, reflètent des réaménagements post-médiévaux, comme l’habitation du XIXe siècle adossée au logis prioral. La cave voûtée sous ce logis, servant de cellier, et les cheminées moulurées conservées rappellent la vie quotidienne des moines et des seigneurs locaux.