Frise chronologique
XIVe siècle
Origines médiévales
Origines médiévales
XIVe siècle (≈ 1450)
Maçonneries réutilisées dans l'édifice actuel.
1573
Achèvement de la façade
Achèvement de la façade
1573 (≈ 1573)
Date gravée sur un cartouche (source : Aufauvre et Fichot).
9 mai 1599
Consécration de l'église
Consécration de l'église
9 mai 1599 (≈ 1599)
Par Guillaume Rose, évêque de Senlis.
1875
Classement monument historique
Classement monument historique
1875 (≈ 1875)
Première liste des monuments classés.
1984-1988
Restauration complète
Restauration complète
1984-1988 (≈ 1986)
Travaux menés par la municipalité d'Othis.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1875
Personnages clés
| Guillaume Rose - Évêque de Senlis (ligueur) |
Consacre l’église en 1599. |
| Jean Goujon - Sculpteur supposé |
Attribution hypothétique de la façade. |
| Philibert Delorme - Architecte présumé |
Comparaison avec La Ferté-Milon (Palustre). |
| Louise Lovet - Seigneuresse d’Othis |
Dalle funéraire datée de 1587. |
| Amédée Aufauvre et Charles Fichot - Historiens du XIXe siècle |
Auteurs de la description la plus complète. |
| Léon Palustre - Architecte-historien |
Analyse stylistique de la façade (1879). |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-la-Nativité d'Othis, située en Seine-et-Marne, fut construite entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle dans le style gothique flamboyant, réutilisant partiellement des maçonneries d’un édifice antérieur du XIVe siècle. Seuls la façade occidentale, achevée en 1573, et les clés de voûte relèvent du style Renaissance. Cette façade, considérée comme l’une des plus remarquables du département, allie une décoration sculptée exubérante (oves, dards, niches à statues des Vertus cardinales) à une composition équilibrée, malgré des proportions inhabituelles.
À l’intérieur, l’église révèle un plan trapézoïdal avec une nef de quatre travées flanquée de bas-côtés, prolongée par une abside à cinq pans. Les piliers monocylindriques, l’absence de formerets et des voûtes quadripartites reflètent une économie de moyens, tandis que des détails comme les clés de voûte pendantes ou le dais Renaissance abritant une statue de la Vierge témoignent d’influences stylistiques mixtes. Le clocher, antérieur à la façade, présente une bâtière perpendiculaire à l’axe de l’édifice, caractéristique rare.
Classée monument historique dès 1875, l’église a subi des restaurations majeures entre 1984 et 1988. Aujourd’hui affiliée au secteur paroissial Ouest-Goële, elle abrite un mobilier classé, dont un maître-autel du XVIIIe siècle, un retable inspiré de Raphaël, et des dalles funéraires des XVIe-XVIIe siècles. Son histoire reflète les transitions artistiques entre Gothique et Renaissance, ainsi que les contraintes budgétaires d’une paroisse rurale.
L’attribution de la façade à un architecte reste débattue : si le nom de Jean Goujon est évoqué sans preuve, Léon Palustre suggère un rapprochement avec l’église Notre-Dame de La Ferté-Milon, attribuée à Philibert Delorme. Les sources anciennes (Aufauvre, Fichot, Palustre) soulignent l’exceptionnelle qualité sculpturale de la façade, malgré des mutilations ultérieures. La consécration de l’église en 1599 par Guillaume Rose, évêque de Senlis, marque un épisode tardif de son histoire médiévale.
Les élévations latérales et le chevet, traités avec sobriété, contrastent avec la façade. Le mur méridional, bordant le parc de la mairie, révèle un contrefort décoré d’un entablement et d’une rosace, ajouté postérieurement. À l’intérieur, la nef, éclairée indirectement par les bas-côtés, met en valeur des détails comme les culs-de-lampe sculptés ou les vitraux partiels. L’abside, sobre, dirige l’attention vers le retable baroque, copie d’une œuvre de Raphaël.
Le mobilier comprend des éléments classés (lutrin en fer forgé, retables, dalles funéraires) et des œuvres populaires non protégées, comme un Christ en croix ou une Vierge à l’Enfant du XVIe siècle. Les dalles funéraires, dont celle de Louise Lovet (1587) ou de David Le Roy (1642), illustrent l’histoire seigneuriale locale. L’église, aujourd’hui ouverte au culte irrégulier, reste un témoignage des mutations architecturales et sociales de la région parisienne à la Renaissance.