Frise chronologique
1170
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1170 (≈ 1170)
Charte signée par Henri II d'Angleterre.
1327
Incendie de l'église romane
Incendie de l'église romane
1327 (≈ 1327)
Destruction de la première église.
XIVe siècle
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
XIVe siècle (≈ 1450)
Rebâtie après l'incendie de 1327.
2 décembre 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
2 décembre 1926 (≈ 1926)
Inscrite par arrêté ministériel.
années 1990
Restauration du clocher
Restauration du clocher
années 1990 (≈ 1990)
Travaux de conservation modernes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 2 décembre 1926
Personnages clés
| Henri II - Roi d'Angleterre |
Fonda le prieuré en 1170. |
| Famille Chancerel - Acquéreurs post-Révolution |
Rétrocéda l'église à la commune. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame d'Yvrandes, située à Tinchebray-Bocage dans l'Orne, est une église prieurale du XIVe siècle, édifiée sur les vestiges d'une première église romane détruite par un incendie en 1327. Elle fait partie des bâtiments du prieuré d'Yvrandes, affilié au prieuré du Plessis-Grimoult, fondé en 1170 par Henri II, roi d'Angleterre. Ce prieuré était destiné à accueillir sept chanoines augustins, doté de terres, de droits seigneuriaux et de revenus issus de dîmes et de forêts locales.
La charte de fondation de 1170, enrichie par les successeurs d'Henri II, accordait au prieuré le patronage de nombreuses églises environnantes, ainsi que des droits forestiers et des rentes. Le prieuré subsista jusqu'à la Révolution française, période durant laquelle il fut vendu comme bien national à la famille Chancerel. Cette dernière rétrocéda ultérieurement l'église et le cimetière à la commune après la reprise du culte.
L'architecture de l'église, typique du XIVe siècle, se caractérise par une nef sans transept ni bas-côtés, un chevet à trois pans percé de baies ogivales ornées de trilobes et d'étoiles, et un clocher ajouté au XIXe siècle. Le site était protégé par une enceinte de haies doubles et de fossés, encore visible en partie au XIXe siècle. L'édifice, inscrit aux monuments historiques depuis 1926, a subi des modifications majeures au XIXe siècle, dont la surélévation des murs et l'ajout d'une voûte en plâtre.
L'église a traversé plusieurs conflits, notamment la Guerre de Cent Ans et les Guerres de Religion, qui ont laissé des traces de dégradations. Après la Révolution, elle devint une succursale de Saint-Cornier-des-Landes. Les travaux du XIXe siècle, bien que controversés, ont permis de préserver l'édifice, dont le clocher a été restauré dans les années 1990.
Le prieuré d'Yvrandes, avec son église, illustre l'importance des établissements religieux dans l'organisation médiévale de la Normandie. Les chanoines augustins y jouaient un rôle central, tant spirituel qu'économique, grâce à la gestion des terres, des dîmes et des droits seigneuriaux. La fondation par Henri II reflète aussi les liens politiques entre la Normandie et l'Angleterre au XIIe siècle.