Origine et histoire de l'Église Notre-Dame
L'église Notre-Dame de Bar-le-Duc, fondée en 1088 par la comtesse Sophie de Bar comme prieuré bénédictin, dépendait de l’abbaye de Saint-Mihiel. Son architecture mêle influences romanes (XIe–XIIe siècles) et gothiques (XIIIe siècle), avec un double transept et un chœur à abside. Les moines y animèrent la vie paroissiale jusqu’en 1787, date à laquelle elle cessa d’être la seule église de la ville. Les relations entre les religieux et les habitants étaient encadrées par une charte épiscopale, confiant au prieur le rôle de curé.
Au Moyen Âge, l’édifice fut remanié à plusieurs reprises : reconstruction de la nef en 1383 sous le duc Robert Ier, ajout d’une flèche de 41 mètres (détruite en 1619 par un incendie), et création de chapelles comme celle de Saint Jean-Baptiste (1299). La tour nord, devenue dangereuse, fut démolie en 1717, tandis que la tour sud, menacée d’effondrement, fut remplacée en 1728–1744 par un clocher-porche classique à dôme, orné d’un haut-relief de l’Assomption (1751).
La Révolution transforma l’église en temple de la Raison (1793), mais elle retrouva sa fonction cultuelle en 1802. Au XIXe siècle, des restaurations majeures (toiture, transept, vitraux) lui rendirent son aspect médiéval, tandis que son mobilier s’enrichissait d’orgues (1860) et de sculptures classées, comme la Vierge des Litanies (XVe–XVIe siècles) ou un Christ en Croix attribué à Ligier Richier. Classée monument historique en 1981, elle abrite aujourd’hui 51 objets protégés, témoins de son histoire mouvementée.
Son architecture éclectique reflète ces siècles de transformations : nef à voûtes gothiques, collatéraux romans, et façade classique du XVIIIe siècle. Le clocher-porche, unique entrée actuelle, s’aligne sur la rue Bar-la-Ville, tandis que les anciennes structures (arcs-boutants, contreforts) subsistent sur les façades nord et est. Les vitraux modernes (XIXe siècle) et les orgues, classés en 1985, complètent ce patrimoine.
L’église joua aussi un rôle social, avec son prieuré transformé en hospice en 1812 et son cimetière remplacé par un square. Son histoire est indissociable de celle de Bar-le-Duc, depuis son origine ducale jusqu’à son classement, en passant par les visites impériales (1866) ou les messes pour les poilus (1914).