Frise chronologique
XIIIe siècle
Construction de la nef romane
Construction de la nef romane
XIIIe siècle (≈ 1350)
Berceau brisé et piliers à ressauts
XIVe siècle
Agrandissement gothique
Agrandissement gothique
XIVe siècle (≈ 1450)
Chœur pentagonal et chapelles latérales
1541
Transfert de la paroisse
Transfert de la paroisse
1541 (≈ 1541)
Remplace l’église Saint-Michel en ruine
1588-1624
Construction du clocher
Construction du clocher
1588-1624 (≈ 1606)
Interrompu par effondrement partiel
1661
Commande du retable
Commande du retable
1661 (≈ 1661)
Pour la Visitation d’Aix-en-Provence
25 septembre 1961
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
25 septembre 1961 (≈ 1961)
Protection intégrale de l’édifice
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise paroissiale Notre-Dame-de-Beaulieu (cad. G 278) : classement par arrêté du 25 septembre 1961
Personnages clés
| Élzéar de Sabran (1285–1324) - Seigneur de Cucuron et comte d’Ariano |
Lignée influente sur l’urbanisation médiévale |
| Rolland Jacomin - Maître d’œuvre du clocher |
Débute la construction en 1588 |
| Pascal et Claude Jacomin - Artisans du clocher |
Achèvent le chantier en 1624 |
| Laure Martinozzi (1611–1687) - Commanditaire du retable |
Duchesse de Modène, nièce de Mazarin |
| Pierre Duges (XVIIIe siècle) - Facteur d’orgue |
Conçoit l’orgue entre 1786 et 1788 |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-Beaulieu de Cucuron trouve ses origines au XIIIe siècle avec une nef romane en berceau brisé, caractéristique du style provençal. Au XIVe siècle, l’édifice s’agrandit : la quatrième travée est voûtée d’ogives, un chœur pentagonal remplace l’abside romane, et deux chapelles latérales sont ajoutées. Ce développement coïncide avec l’expansion du village hors de son enceinte médiévale, l’église devenant le cœur religieux des nouveaux faubourgs.
La paroisse y est transférée en 1541 après l’effondrement de l’ancienne église Saint-Michel, située près du castrum cité dès 1017. Le clocher, commencé en 1588 après la chute de celui de Saint-Michel, connaît des retards dus à des malfaçons : interrompu en 1596, il n’est achevé qu’en 1624 par les fils de Rolland Jacomin. Les chapelles latérales, financées par des confréries, s’égrènent du XIVe au XVIIe siècle, reflétant l’évolution dévotionnelle et sociale de Cucuron.
Classée Monument Historique en 1961, l’église conserve un mobilier des XVIe et XVIIIe siècles, dont un orgue du XVIIIe restauré entre 1975 et 1983. Son retable actuel, commandé en 1661 pour la Visitation d’Aix-en-Provence, fut acquis en 1801 après la disparition du maître-autel de 1517 pendant la Révolution. Les modifications architecturales (voûtes gothiques, chapelles) et les objets liturgiques témoignent des adaptations successives aux besoins cultuels et aux aléas historiques.
Le site est lié à la famille de Sabran, seigneurs de Cucuron depuis le XIIe siècle. Élzéar de Sabran (1285–1324), comte d’Ariano et baron d’Ansouis, illustre cette lignée qui marqua la Provence médiévale. Leur influence se lit dans l’urbanisation du village, protégé par une nouvelle enceinte en 1541 face aux menaces de Charles Quint. L’église, intégrée à ce rempart, symbolise alors la résilience communautaire.
L’analyse archéologique révèle une stratigraphie complexe : la nef romane (XIIIe) contraste avec le chœur gothique (XIVe) et les ajouts baroques (XVIIe). Les matériaux locaux (calcaire gris) et les techniques constructives — berceaux brisés, voûtes d’ogives — soulignent l’adaptation aux ressources et aux savoir-faire régionaux. Les sources écrites, rares avant le XVIIe siècle, laissent une large place à l’interprétation des vestiges.