Origine et histoire de l'Église Notre-Dame de Beauvoir
L’église Notre-Dame de Beauvoir de Grambois trouve ses origines dans une première mention en 1096, dans un privilège papal accordé à l’abbaye Saint-André-lès-Avignon. Le site, qualifié d’oppidum, est déjà un lieu de culte et de pouvoir local. Les textes ultérieurs (1143, 1165, 1227) confirment son importance religieuse, liée aux chanoines d’Avignon et à l’archevêché d’Aix-en-Provence. Une charte de 1050 évoque même une villa médiévale préexistante, suggérant une occupation ancienne du site.
Au XIVe siècle, l’église, jugée trop exiguë pour la population, est agrandie après une sentence archiépiscopale de 1343. Un legs en 1348 permet la fondation de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, tandis que la région profite de l’installation de la papauté à Avignon. La reine Jeanne cède en 1360 la seigneurie de Grambois à Guy Albert, neveu du pape Innocent VI, marquant une période de prospérité. Les visites pastorales des XVe et XVIe siècles attestent de son bon état, malgré des travaux d’agrandissement menés en 1545-1560 pour ajouter un collatéral sud.
Les troubles religieux de la fin du XVIe siècle transforment l’église en élément défensif : en 1589, le seigneur Jean de Gautier y ajoute une tour fortifiée au-dessus du chœur et modifie les parties hautes. Les chapelles latérales nord sont ajoutées au XVIIe siècle, mais le tremblement de terre de 1708 endommage gravement l’édifice. La voûte en berceau, la façade et le clocher sont reconstruits, avec l’ajout d’un campanile en fer forgé au XIXe siècle. La sacristie, partiellement effondrée, est restaurée en 1855.
L’architecture actuelle conserve des traces de la nef romane originelle (XIIe siècle), avec ses trois premières travées et des colonnettes du XIe siècle réemployées. Le chœur gothique, plus étroit, date probablement du XIVe siècle, tandis que les chapelles latérales et les modifications défensives reflètent les adaptations successives. L’église, classée monument historique en 2001, abrite un polyptyque de 1519 et une toile du XVIIe siècle, témoignages de son riche passé artistique et religieux.
Son mobilier inclut un polyptyque dédié à saint Jean-Baptiste, commandé en 1519 par les frères Elzéar et Pierre Asse, notables locaux. Une toile du XVIIe siècle, représentant la Glorification de la Vierge, pourrait provenir de l’ancien maître-autel. Ces éléments illustrent le rôle central de l’église dans la vie communautaire et spirituelle de Grambois, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne.