Frise chronologique
1027
Donation du chanoine Randulfe
Donation du chanoine Randulfe
1027 (≈ 1027)
Cession de biens à Grambois aux chanoines d’Avignon.
1096
Première citation papale
Première citation papale
1096 (≈ 1096)
Mention dans un privilège d’Urbain II.
1343
Sentence d’agrandissement
Sentence d’agrandissement
1343 (≈ 1343)
L’archevêque ordonne l’extension de l’église.
1348
Fondation chapelle Saint-Jean-Baptiste
Fondation chapelle Saint-Jean-Baptiste
1348 (≈ 1348)
Legs de Sanche Botine pour une chapelle latérale.
1589
Fortification de l’église
Fortification de l’église
1589 (≈ 1589)
Ajout d’une tour défensive par Jean de Gautier.
1708
Tremblement de terre
Tremblement de terre
1708 (≈ 1708)
Effondrement partiel et reconstruction ultérieure.
2001
Classement monument historique
Classement monument historique
2001 (≈ 2001)
Inscription officielle au titre des monuments.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. H 56) : inscription par arrêté du 29 janvier 2001
Personnages clés
| Urbain II - Pape |
Cite Grambois dans un privilège en 1096. |
| Sanche Botine - Noble donateur |
Finance la chapelle Saint-Jean-Baptiste en 1348. |
| Jean de Gautier - Seigneur de Grambois |
Fortifie l’église en 1589 pendant les troubles. |
| Elzéar et Pierre Asse - Notables locaux |
Commanditent le polyptyque de 1519. |
| Jacques Jehan - Maçon |
Dirige l’agrandissement de 1545-1560. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Beauvoir de Grambois trouve ses origines dans une première mention en 1096, dans un privilège papal accordé à l’abbaye Saint-André-lès-Avignon. Le site, qualifié d’oppidum, est déjà un lieu de culte et de pouvoir local. Les textes ultérieurs (1143, 1165, 1227) confirment son importance religieuse, liée aux chanoines d’Avignon et à l’archevêché d’Aix-en-Provence. Une charte de 1050 évoque même une villa médiévale préexistante, suggérant une occupation ancienne du site.
Au XIVe siècle, l’église, jugée trop exiguë pour la population, est agrandie après une sentence archiépiscopale de 1343. Un legs en 1348 permet la fondation de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, tandis que la région profite de l’installation de la papauté à Avignon. La reine Jeanne cède en 1360 la seigneurie de Grambois à Guy Albert, neveu du pape Innocent VI, marquant une période de prospérité. Les visites pastorales des XVe et XVIe siècles attestent de son bon état, malgré des travaux d’agrandissement menés en 1545-1560 pour ajouter un collatéral sud.
Les troubles religieux de la fin du XVIe siècle transforment l’église en élément défensif : en 1589, le seigneur Jean de Gautier y ajoute une tour fortifiée au-dessus du chœur et modifie les parties hautes. Les chapelles latérales nord sont ajoutées au XVIIe siècle, mais le tremblement de terre de 1708 endommage gravement l’édifice. La voûte en berceau, la façade et le clocher sont reconstruits, avec l’ajout d’un campanile en fer forgé au XIXe siècle. La sacristie, partiellement effondrée, est restaurée en 1855.
L’architecture actuelle conserve des traces de la nef romane originelle (XIIe siècle), avec ses trois premières travées et des colonnettes du XIe siècle réemployées. Le chœur gothique, plus étroit, date probablement du XIVe siècle, tandis que les chapelles latérales et les modifications défensives reflètent les adaptations successives. L’église, classée monument historique en 2001, abrite un polyptyque de 1519 et une toile du XVIIe siècle, témoignages de son riche passé artistique et religieux.
Son mobilier inclut un polyptyque dédié à saint Jean-Baptiste, commandé en 1519 par les frères Elzéar et Pierre Asse, notables locaux. Une toile du XVIIe siècle, représentant la Glorification de la Vierge, pourrait provenir de l’ancien maître-autel. Ces éléments illustrent le rôle central de l’église dans la vie communautaire et spirituelle de Grambois, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne.