Origine et histoire de l'Église Notre-Dame de Benoîte-Vaux
Notre-Dame-de-Benoîte-Vaux est une église de pèlerinage située dans la Meuse, dans le diocèse de Verdun, sur la commune de Rambluzin-et-Benoite-Vaux, à une trentaine de kilomètres au sud de Verdun, dans un vallon boisé proche de la gare de Meuse TGV. L'origine du sanctuaire remonte à un don de Bertauld, qui céda son aleu de Faveroles à l'évêque Albéron de Chiny pour y établir un monastère ; l'évêque de Verdun donna ensuite à l'abbaye prémontrée Notre-Dame de l'Étanche la terre de Basse-Ham, bientôt appelée Benoîte vallée. Selon la tradition, des bûcherons entendirent des voix chantant l'Ave Maria et découvrirent près d'une source une statue de la Vierge, dont la garde fut assurée par un ermite nommé Martin puis par des prêtres jusqu'à l'afflux des pèlerins. Protégé par les ducs de Lorraine et par les ducs de Guise et de Bar-Lorraine, le site devint l'un des plus anciens lieux de pèlerinage lorrains. Une église, placée sous le vocable de l'Annonciation de la Vierge, fut construite et remaniée à plusieurs reprises jusqu'au XVIIe siècle ; elle conserve encore un jubé séparant la nef, et présente une architecture composite. La façade occidentale, de style toscan, est surmontée d'un tympan représentant le Christ remettant les clefs à saint Pierre, encadré de niches abritant les quatre évangélistes. Le pèlerinage fut administré par les prêtres de l'ordre des Prémontrés jusqu'à la Révolution (1791). En 1638, en pleine guerre de Trente Ans, la statue fut mise à l'abri au château de Neuville-en-Verdunois par Barbe d'Ernecourt ; la statue primitive, brisée en 1793, fut remplacée après la Révolution par une statue surmontant la source et ressemblant à l'original. Après la Révolution, les soins au pèlerinage furent assurés par les prêtres du diocèse jusqu'en 1852, puis par la congrégation de Notre-Sauveur jusqu'en 1919, par les Oblats de Marie-Immaculée de 1936 à 1972, et depuis lors par le clergé séculier du diocèse de Verdun. L'hôtellerie, entretenue un temps par les Sœurs de la Foi d'Haroué, est aujourd'hui administrée par les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Marc, et le pèlerinage se déroule chaque année lors de la première semaine de septembre. L'ensemble de l'église, y compris le clocher, est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 27 juin 1983.
Le chemin de croix, conçu par le sculpteur Henri Chapu en 1890, se compose de quatorze monolithes extraits des carrières d'Euville ; Chapu mourut en avril 1891 avant l'achèvement de l'œuvre, qui fut exécutée par le sculpteur meusien Désiré Fosse et bénie le 26 septembre 1895 par monseigneur Pagis, évêque de Verdun. Le couronnement liturgique de la statue eut lieu le 8 septembre 1875 ; les deux couronnes visibles aujourd'hui sont des répliques, les originales étant conservées en sécurité, comme c'est le cas dans d'autres sanctuaires de Lorraine. La source primitive, située au chevet dans la cour du monastère, fut replacée à son emplacement actuel vers 1644 et abritée sous un monument néogothique offert par Joseph Sauce, domestique du châtelain de Thillombois ; ce monument, inauguré en septembre 1846, est surmonté d'une statue offerte par Claude Rollet, archiprêtre de Bar-le-Duc, réplique d'une statue du XVIe siècle détruite en 1793. La tête de l'Enfant Jésus, rescapée du vandalisme de 1793, fut réajustée sur un buste d'emprunt et placée dans le transept nord de l'église. Enfin, pendant la construction de la ligne TGV Est Européenne, les ouvriers logés au presbytère érigèrent en signe de gratitude un oratoire dédié à Notre-Dame du TGV, béni le 30 juin 2004 en présence du Père Pierre Toussaint, recteur de la basilique.