Origine et histoire de l'Église Notre-Dame de Bieuzy
L’église Notre-Dame de Bieuzy, située dans le Morbihan, est construite en 1560 grâce au mécénat de Michel de Rimaison, écuyer du roi Charles IX. Son architecture reflète la transition entre le gothique flamboyant et la Renaissance, avec un chevet polygonal à trois pignons de type Beaumanoir, orné d’écussons des Rimaison et de familles alliées. Les vitraux originels (1560-1575), très restaurés avant 1683, illustrent des scènes bibliques comme la Passion du Christ ou la Résurrection, dans des fenêtres ogivales à moulures d’architraves.
En 1753 et 1781, deux chapelles latérales sont ajoutées, financées par des donateurs locaux dont les noms (Julien Duguay, Louis-Laurent Pirvaux) sont gravés dans la pierre. Ces extensions, faisant office de faux-transept, complètent la nef unique couverte de sablières sculptées. À la fin du XIXe siècle, d’importants travaux transforment l’édifice : la nef est remaniée, et un clocher moderne remplace en 1898-1899 l’ancien clocher de 1699, selon les plans du chanoine-architecte Jean-Marie Abgrall. L’église est inscrite aux monuments historiques en 1925.
Le mobilier inclut des statues en bois polychrome (XVIe–XIXe siècles), un buste-reliquaire rare de saint Gouvry, et un catafalque de 1785 en châtaignier, classé monument historique en 1979. Les vitraux néo-gothiques (fin XIXe siècle) racontent la vie de saint Bieuzy, patron de la paroisse, tandis qu’une girouette en métal représente son martyre. Une pierre sonnante, liée à la légende de saint Gildas, et un monument aux morts de 1925 (sculpté par Albert Bourget) complètent ce patrimoine.
L’édifice, en forme de croix latine, se distingue par son enclos surélevé et son chevet orné de gargouilles anthropomorphes. Les sablières de la nef et les contreforts portent les armes des Rimaison, témoignant de leur rôle central dans sa fondation. La sacristie, contemporaine de l’église, pourrait avoir été une chapelle privative de cette famille. Les restaurations récentes ont révélé des crédences murales et des boiseries du chœur, partiellement démontées.
Les vitraux du chevet, divisés en trois ensembles, dépeignent des épisodes clés du Nouveau Testament : au nord, la Passion (Lavement des pieds, Cène) ; au centre, la Crucifixion et la Mise au tombeau ; au sud, la Résurrection et l’Ascension. Ces œuvres, bien que restaurées, conservent des éléments d’origine. Les pinacles en balustre et les contreforts soulignent l’influence du style Beaumanoir, typique de la Renaissance bretonne.
L’église, propriété de la commune, a perdu certains éléments comme son ossuaire (disparu en 1913) et son porche sud (détruit vers 1900). Son clocher actuel, en granite, domine le paysage local. Le site, toujours en restauration, mêle ainsi six siècles d’histoire, d’art sacré et de traditions bretonnes.