Frise chronologique
1087
Conflits post-Guillaume le Conquérant
Conflits post-Guillaume le Conquérant
1087 (≈ 1087)
Dîme reprise par Renouf de Bayeux.
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman bâti et donné à l’abbaye Saint-Étienne.
1364
Transformation en forteresse
Transformation en forteresse
1364 (≈ 1364)
Modifications pendant la guerre de Cent Ans.
1892-1910
Restauration néo-romane
Restauration néo-romane
1892-1910 (≈ 1901)
Retour à l’aspect roman originel.
1910
Classement monument historique
Classement monument historique
1910 (≈ 1910)
Protection officielle de l’édifice.
7 juin 1944
Destruction partielle du clocher
Destruction partielle du clocher
7 juin 1944 (≈ 1944)
Dégâts lors de la Libération.
1960
Fin des restaurations
Fin des restaurations
1960 (≈ 1960)
Réparation des dommages de 1944.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Bieville : classement par arrêté du 21 mai 1910
Personnages clés
| Renouf - Vicomte de Bayeux |
Donateur de l’église à l’abbaye Saint-Étienne. |
| Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie et roi d’Angleterre |
Sa mort en 1087 déclenche des troubles locaux. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Biéville, située à Biéville-Beuville dans le Calvados, est un édifice religieux catholique de style roman construit au XIIe siècle. Elle se distingue par sa nef à trois travées, son chevet plat et son clocher latéral, typiques des petites églises normandes de cette période. Classée monument historique en 1910, elle illustre l’héritage architectural médiéval de la région, marqué par des influences locales et des transformations ultérieures, notamment une sacristie néo-romane ajoutée au XIXe siècle.
Au XIIe siècle, l’église est liée à l’abbaye Saint-Étienne de Caen après que Renouf, vicomte de Bayeux, en ait fait don avec sa dîme. Des conflits locaux après la mort de Guillaume le Conquérant (1087) conduisent à des tensions autour de cette dîme, finalement restituée contre une somme de 55 livres. L’édifice subit des modifications majeures au fil des siècles : transformé en forteresse en 1364 pendant la guerre de Cent Ans, son clocher est partiellement détruit en 1944 lors des combats de la Libération, avant une restauration achevée en 1960.
La façade occidentale, ornée d’un portail en plein cintre à trois rouleaux décorés de motifs géométriques (étoiles, bâtons brisés, rosaces), reflète l’art roman normand. À l’intérieur, la nef lambrissée contraste avec le chœur voûté, où des chapiteaux sculptés représentent des animaux fantastiques et des têtes humaines. Le clocher, construit sur un plan carré au-dessus d’une chapelle voûtée, combine des éléments du XIIe siècle (soubassement, premier étage) et des ajouts postérieurs, comme des baies en tiers-point.
L’église conserve un mobilier remarquable, dont un autel-tabernacle-retable du XVIIIe siècle et un tableau représentant l’Assomption. Son histoire est aussi marquée par des épisodes violents, comme les exactions aristocratiques après 1087 ou les dégâts de 1944, témoignant de son rôle central dans la communauté locale à travers les âges. Les restaurations des XIXe et XXe siècles, notamment entre 1892 et 1910, ont cherché à retrouver son aspect roman originel, tout en intégrant des éléments néo-gothiques ou néo-romans.
Les décors extérieurs, comme les modillons parfois obscènes ou les triplets de fenêtres, rappellent les traditions architecturales romanes, tandis que les transformations du mur sud de la nef (remplacement de baies gothiques par des fenêtres carrées) illustrent les adaptations successives. La sacristie, ajoutée vers 1888, et les vitraux obscurcis par sa construction montrent les défis de la préservation patrimoniale.
Enfin, l’église Notre-Dame de Biéville entretient des liens historiques avec l’abbaye Saint-Étienne de Caen et partage des similitudes architecturales avec d’autres édifices normands, comme l’église de Mouen. Son classement en 1910 et les études d’Arcisse de Caumont ou Eugène Lefèvre-Pontalis soulignent son importance dans le patrimoine religieux et médiéval de la Normandie.