Frise chronologique
XIIe siècle (1er quart)
Construction de la croisée et du clocher
Construction de la croisée et du clocher
XIIe siècle (1er quart) (≈ 1250)
Premières structures romanes angevines conservées.
XIIe siècle (2e moitié)
Achèvement du chœur et des transepts
Achèvement du chœur et des transepts
XIIe siècle (2e moitié) (≈ 1250)
Extension majeure de l'édifice roman.
XVe siècle
Ajout de la chapelle des fonts
Ajout de la chapelle des fonts
XVe siècle (≈ 1550)
Modifications gothiques tardives visibles.
2e moitié du XVIe siècle
Rénovation de la nef et façade
Rénovation de la nef et façade
2e moitié du XVIe siècle (≈ 1650)
Adjonction d'éléments Renaissance.
1820
Transfert de la custode
Transfert de la custode
1820 (≈ 1820)
Provenance de l'abbaye de Louroux ruinée.
1861-1864
Restauration par Joly-Leterme
Restauration par Joly-Leterme
1861-1864 (≈ 1863)
Travaux majeurs de conservation.
6 novembre 1909
Classement monument historique
Classement monument historique
6 novembre 1909 (≈ 1909)
Protection officielle de l'édifice.
1926-1928
Seconde campagne de restauration
Seconde campagne de restauration
1926-1928 (≈ 1927)
Consolidation du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 6 novembre 1909
Personnages clés
| Charles Joly-Leterme - Architecte restaurateur |
Dirigea les travaux de 1861 à 1864. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Blou, située dans le département de Maine-et-Loire en Pays de la Loire, trouve ses origines au XIIe siècle, avec une nef romane de deux travées datant de la fin de cette période. La croisée du transept et le clocher, caractéristiques du premier art roman angevin, remontent au 1er quart du XIIe siècle, tandis que les bras du transept et le chœur furent ajoutés entre le 2e quart et la 2e moitié du XIIe siècle. L'édifice conserve des traces de son évolution, comme une porte romane murée dans la nef et des chapiteaux historiés, témoignant de son importance dans le paysage religieux local.
Le monument subit des transformations majeures aux XVe et XVIe siècles : la chapelle des fonts (XVe), la voûte de la nef, et la façade ouest (2e moitié du XVIe) reflètent ces ajouts tardifs. Une sacristie du XVIe siècle abrite une crosse eucharistique du XVIIe, classée à son tour. Classée monument historique dès 1909, l'église fut restaurée en 1864 par l'architecte Charles Joly-Leterme, puis entre 1926 et 1928, préservant son mélange unique de styles roman, gothique et Renaissance.
L'intérieur révèle une richesse architecturale remarquable : la croisée du transept, couverte d'une coupole sur pendentifs, contraste avec les bras voûtés en berceau brisé. Le chœur, surélevé et dévié, s'ouvre par un arc à double ressaut orné de chapiteaux sculptés, tandis que l'abside en cul-de-four est éclairée par trois baies à colonnettes. À l'extérieur, la façade occidentale, encadrée de contreforts, et le clocher à baies géminées dominent le paysage, complétés par des arcades aveugles sur les bras du transept.
Parmi les éléments mobiliers notables, la custode du XVIIe siècle se distingue : une colonne de bois ornée de vignes, surmontée d'une feuille d'acanthe en crosse et d'un baldaquin byzantin. Provenant de l'abbaye de Louroux après sa ruine en 1820, cet objet liturgique illustre les échanges patrimoniaux locaux. L'église, ouverte au public de Pâques à la Toussaint, reste un témoignage vivant de l'art sacré angevin, alliant fonction religieuse et héritage artistique.
Les sources historiques soulignent des incertitudes sur certaines datations, comme la nef peut-être antérieure au 4e quart du XIe siècle, ou l'abside nord du 4e quart du XIIe. Ces zones d'ombre rappellent les défis de la conservation d'un édifice dont les pierres racontent près de neuf siècles d'histoire, entre dévotion, conflits, et restaurations successives.