Frise chronologique
1827
Construction de la première chapelle
Construction de la première chapelle
1827 (≈ 1827)
Édifice modeste sur la place Eugène-Livet
1843
Décision de reconstruction
Décision de reconstruction
1843 (≈ 1843)
Destruction de la chapelle initiale jugée trop petite
1845-1858
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
1845-1858 (≈ 1852)
Dirigée par Seheult et Chenantais
1858
Inauguration
Inauguration
1858 (≈ 1858)
Peintures murales inachevées jusqu’au XXe siècle
1891
Installation du grand orgue
Installation du grand orgue
1891 (≈ 1891)
Œuvre de Louis Debierre, innovant et classé
1975
Classement monument historique
Classement monument historique
1975 (≈ 1975)
Église et orgue protégés
2006
Restauration de la flèche
Restauration de la flèche
2006 (≈ 2006)
Rénovation du sommet du dôme
2020-2021
Travaux d'urgence sur l'orgue
Travaux d'urgence sur l'orgue
2020-2021 (≈ 2021)
Intervention après dégradations
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame-du-Bon-Port : inscription par arrêté du 29 octobre 1975
Personnages clés
| Saint-Félix Seheult - Architecte |
Co-concepteur de l’église en 1845 |
| Joseph-Fleury Chenantais - Architecte |
Co-auteur du projet néo-baroque |
| Louis-Hyacinthe Levesque - Maire de Nantes (1827) |
Donateur, inspire le nom Saint-Louis |
| Louis Debierre - Facteur d’orgues |
Créateur de l’orgue classé en 1891 |
| Alphonse Le Hénaff - Peintre |
Auteur de la frise de la coupole (1858-1860) |
| Joseph-René Gouézou - Sculpteur et peintre |
Décore tympan et chapelle Saint-Louis |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-Bon-Port, construite entre 1845 et 1858 à Nantes par les architectes Saint-Félix Seheult et Joseph-Fleury Chenantais, remplace une modeste chapelle de 1827 devenue insuffisante pour le quartier en expansion. Son nom officiel rend hommage à la Vierge protectrice des marins, mais elle est aussi appelée « église Saint-Louis » en l’honneur de Louis-Hyacinthe Levesque, maire donateur. Implantée sur l’emplacement d’un ancien hospice du Sanitat, elle marque l’extension urbaine vers l’ouest et la transformation du quartier portuaire.
Inspirée par l’architecture baroque de la Contre-Réforme, l’église rompt avec le médiévalisme ambiant : son dôme évoque celui des Invalides à Paris, sa façade rappelle Saint-Pierre de Rome, et une statue dorée d’un archange couronne sa flèche. Innovante, sa charpente métallique allège le dôme (60 m de haut), tandis que son plan en croix grecque (38 m de côté) et ses décors intérieurs – marqueteries, peintures murales d’Alphonse Le Hénaff (1858-1860) – en font un joyau artistique. La frise de la coupole, peinte à la cire sur fond or, célèbre l’Immaculée Conception.
L’orgue, chef-d’œuvre de Louis Debierre (1891), marque le retour du style néo-classique avec ses 3 800 tuyaux et sa transmission électrique pionnière. Classé monument historique en 1975 (église et orgue), l’édifice reste un lieu de culte actif, malgré des tensions récentes comme le blocage en 2021 d’un concert par des intégristes. La flèche, restaurée en 2006, et les peintures murales (dont certaines recouvertes au XXe siècle) témoignent de son évolution.
La façade, structurée en deux niveaux (dorique et corinthien), intègre des symboles marins : la statue de Notre-Dame-de-Bon-Port (1913) porte des attributs liés à la protection des navigateurs. Le tambour du dôme, percé de fenêtres, arbore des têtes de saints patrons des églises nantaises. À l’intérieur, la chapelle Saint-Louis, décorée par Joseph-René Gouézou, et la chaire illustrent l’art religieux du XIXe siècle. L’édifice, accolé à des immeubles, s’inscrit dans un îlot urbain dense.
Propriété de la ville de Nantes, l’église abrite aussi un orgue de chœur acquis en 1932. Ses vitraux et décors, comme La Cène d’Henri-Pierre Picou (recouverte depuis), reflètent les évolutions liturgiques et artistiques. Classée pour son architecture et son mobilier, elle incarne à la fois le patrimoine maritime nantais et les mutations urbaines du Second Empire.