Frise chronologique
866
Bataille de Brissarthe
Bataille de Brissarthe
866 (≈ 866)
Robert le Fort tué près de l'église primitive.
1162
Donation à un prieuré
Donation à un prieuré
1162 (≈ 1162)
Mention dans le cartulaire de Saint-Serge d'Angers.
1688
Effondrement de la voûte
Effondrement de la voûte
1688 (≈ 1688)
Destruction des armes de Du Guesclin.
1730
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1730 (≈ 1730)
Financée par Anne Amat après la foudre.
1805
Installation des bancs paroissiaux
Installation des bancs paroissiaux
1805 (≈ 1805)
Achat par les habitants pour 20 sous par place.
1825
Peinture de l'*Assomption*
Peinture de l'*Assomption*
1825 (≈ 1825)
Tableau de Jean-Baptiste Thonnesse pour le retable.
1965
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1965 (≈ 1965)
Église et presbytère inscrits le 9 septembre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. E 26, 27) : inscription par arrêté du 9 septembre 1965 ; Façades et toitures du presbytère (cad. E 26, 27) : inscription par arrêté du 9 septembre 1965
Personnages clés
| Robert le Fort - Duc d'Anjou et marquis de Neustrie |
Mort en 866 lors de la bataille. |
| Hasting - Chef normand |
Refugié dans l'église primitive en 866. |
| Olivier du Guesclin - Seigneur de Vauruzé |
Armes peintes dans l'église avant 1688. |
| Anne Amat - Paroissienne bienfaitrice |
Finança le clocher en 1730. |
| Jean Jacquemard - Curé de Brissarthe (1770-1778) |
Fit construire la cure actuelle. |
| Jean-Baptiste Thonnesse - Peintre dijonnais (1755-1830) |
Auteur du tableau de l'*Assomption* (1825). |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Brissarthe, située dans le département de Maine-et-Loire aux Hauts-d'Anjou, est un édifice principalement roman des XIe et XIIe siècles, avec des remaniements aux XVe, XVIIe et XVIIIe siècles. Elle fut inscrite aux monuments historiques en 1965, tout comme son presbytère adjacent du XVIIIe siècle. Son architecture atypique, marquée par l'absence de bras droit de transept et un clocher reconstruit au XVIIIe siècle, reflète une histoire complexe, mêlant réemplois de pierres mérovingiennes et adaptations successives.
L'église actuelle semble construite sur les vestiges d'une église en pierre du IXe siècle, mentionnée dans les chroniques médiévales comme refuge lors de la bataille de Brissarthe en 866, où Robert le Fort, ancêtre des Capétiens, trouva la mort. Des sarcophages mérovingiens découverts autour du bâtiment confirment son implantation sur un ancien cimetière. Le cartulaire de l'abbaye Saint-Serge d'Angers atteste de son existence en 1162, date à laquelle elle fut donnée à un prieuré qui perdura jusqu'à la Révolution.
Au XVIIIe siècle, le clocher, détruit par la foudre en 1730, fut reconstruit grâce au financement d'Anne Amat, une paroissienne. L'intérieur abrite un retable baroque du XVIIIe siècle, orné d'une Assomption de la Vierge peinte par Jean-Baptiste Thonnesse en 1825, ainsi qu'une statue de Robert le Fort par David d'Angers. Les bancs, acquis par les paroissiens en 1805, témoignent de la vie communautaire post-révolutionnaire. L'édifice porte aussi les traces des guerres de Vendée, avec des lambris brûlés lors des affrontements entre Républicains et Chouans.
Le presbytère, classé avec l'église, illustre l'architecture civile du XVIIIe siècle avec ses pilastres élégants et sa corniche proéminente. Les archives mentionnent deux curés notables : Jean Jacquemard, bâtisseur de la cure actuelle, et Claude Jacquemard, député à l'Assemblée Nationale de 1789. Le site conserve également des éléments défensifs, comme des fenêtres étroites évasées datant du XIe siècle, adaptées aux besoins de la guerre de Cent Ans.
Les textes médiévaux, notamment ceux de Réginon de Prüm et des Annales de Saint-Bertin, décrivent la bataille de 866 où l'église primitive servit de forteresse aux Normands et Bretons. Ces récits soulignent l'importance stratégique du lieu dès l'époque carolingienne. Aujourd'hui, l'église allie patrimoine architectural, mémoires historiques et traces archéologiques, faisant d'elle un témoin majeur de l'histoire angevine.
Les restaurations récentes, soutenues par la Région Pays de la Loire et la Fondation du Patrimoine, ont permis de préserver la toiture et le retable. Un projet de restauration du tableau de Thonnesse est en cours, soulignant l'engagement contemporain pour la sauvegarde de ce monument emblématique.