Frise chronologique
XIIIe siècle
Construction de la façade
Construction de la façade
XIIIe siècle (≈ 1350)
Style roman caractéristique de l’époque.
XVe siècle
Ajout de la chapelle
Ajout de la chapelle
XVe siècle (≈ 1550)
Adjacente à la tour clocher existante.
XVIe siècle
Construction de l’abside
Construction de l’abside
XVIe siècle (≈ 1650)
Style Renaissance marquant une transition artistique.
XVIIe siècle
Élargissement de la nef
Élargissement de la nef
XVIIe siècle (≈ 1750)
Probablement au sud, modifiant la structure.
1963
Classement monument historique
Classement monument historique
1963 (≈ 1963)
Protection officielle de l’édifice et de ses éléments.
1986
Classement du sanctuaire gallo-romain
Classement du sanctuaire gallo-romain
1986 (≈ 1986)
Vestiges antiques voisins de l’église.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. H 561) : classement par arrêté du 11 avril 1963
Personnages clés
| Robert Ier de Dreux (1123-1188) - Seigneur de Dreux et comte |
Fit construire un fort à Bû vers 1158. |
| Étienne Claye (1740-?) - Maire de Bû et député |
Représentant local pendant la Révolution. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Bû, située dans le département d’Eure-et-Loir, est un monument composite reflétant plusieurs époques architecturales. Sa façade, datée du XIIIe siècle, témoigne de son origine romane, tandis que son abside de style Renaissance et sa chapelle du XVe siècle illustrent les remaniements ultérieurs. La nef principale aurait été élargie au XVIIe siècle, ajoutant une dimension baroque à l’édifice. Classée monument historique en 1963, elle incarne l’évolution artistique et religieuse de la région.
La commune de Bû, rattachée à la région Centre-Val de Loire, possède un patrimoine riche lié à son histoire gallo-romaine et médiévale. Le sanctuaire du Bois des Fours à Chaux, classé en 1986, révèle une occupation antique entre le Ier et le IVe siècle, avec des vestiges de temples dédiés probablement à des cultes de guérison. Au Moyen Âge, Bû fut marquée par des conflits entre seigneurs locaux et religieux, notamment avec la construction d’un fort par Robert de Dreux au XIIe siècle, avant de devenir un lieu de tensions pendant les guerres de religion.
Les remaniements de l’église s’inscrivent dans un contexte régional marqué par les influences normandes et parisiennes. La façade du XIIIe siècle, typique de l’art roman tardif, contraste avec l’abside Renaissance, reflétant les transformations esthétiques post-médiévales. La chapelle du XVe siècle, adjacente à la tour clocher, pourrait être liée à des pratiques dévotionnelles locales ou à des mécènes influents. Ces strates architecturales font de l’église un témoin des dynamiques culturelles et politiques d’Eure-et-Loir.
Le classement de 1963 souligne la valeur patrimoniale de l’édifice, préservant des éléments rares comme sa verrière occupant toutes les ouvertures. Ce monument s’inscrit dans un paysage rural où l’agriculture domine, mais aussi dans une histoire religieuse mouvementée, marquée par la présence protestante aux XVIe et XVIIe siècles. Les abjurations forcées de huguenots en 1685-1686, enregistrées dans les églises voisines, rappellent les tensions confessionnelles qui ont traversé la région.
Au XXe siècle, Bû a accueilli des réfugiés espagnols en 1939, illustrant son rôle dans les crises humanitaires nationales. L’église, en tant que lieu central de la communauté, a probablement servi de point de rassemblement lors de ces événements. Aujourd’hui, elle reste un symbole de la mémoire collective locale, entre héritage médiéval et adaptations modernes, dans un village en croissance démographique depuis les années 1960.