Frise chronologique
1106
Accueil d'Henri Ier Beauclerc
Accueil d'Henri Ier Beauclerc
1106 (≈ 1106)
Le roi d'Angleterre débarqué à Barfleur
1357
Indulgences papales pour la reconstruction
Indulgences papales pour la reconstruction
1357 (≈ 1357)
Accord d'Innocent VI pour financer les réparations
1420–1430
Début de la reconstruction gothique
Début de la reconstruction gothique
1420–1430 (≈ 1425)
Redressement économique malgré l'occupation
XIIIe–XIVe siècles
Destruction pendant la guerre de Cent Ans
Destruction pendant la guerre de Cent Ans
XIIIe–XIVe siècles (≈ 1450)
Ruinée par les Anglais
1466–1490
Construction du chœur flamboyant
Construction du chœur flamboyant
1466–1490 (≈ 1478)
Financé par Guillaume de Cerisay
1517
Ajout de la chapelle axiale
Ajout de la chapelle axiale
1517 (≈ 1517)
Extension de l'édifice
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Parmi les premiers monuments protégés
XIXe siècle
Ajouts de la sacristie et caveau
Ajouts de la sacristie et caveau
XIXe siècle (≈ 1865)
Modifications modernes
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Henri Ier Beauclerc - Roi d'Angleterre et duc de Normandie |
Accueilli en 1106 dans l'église |
| Serlon - Évêque de Sées |
Reçoit Henri Ier en 1106 |
| Louis d'Erquery - Évêque de Coutances |
Obtient des indulgences en 1357 |
| Innocent VI - Pape |
Accorde des indulgences pour la reconstruction |
| Guillaume de Cerisay - Vicomte de Carentan et grand bailli |
Finance le chœur (1466–1490) |
| Léon de Carentan - Apôtre du Pays basque |
Statue dans l'église, né vers 856 |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Carentan, située dans l'ancienne commune de Carentan (aujourd'hui Carentan-les-Marais, Manche), est un édifice religieux dont les origines remontent au XIIe siècle. Elle est mentionnée comme lieu d'accueil du roi d'Angleterre Henri Ier Beauclerc en 1106, alors que ce dernier débarquait à Barfleur pour s'emparer du trône ducal de Normandie. L'édifice roman fut partiellement détruit lors de la guerre de Cent Ans par les Anglais, nécessitant une reconstruction majeure au XVe siècle, dans un contexte de domination anglaise et de début de redressement économique.
La reconstruction de l'église au XVe siècle, financée en partie par des indulgences papales accordées par Innocent VI en 1357, adopte le style gothique flamboyant. Guillaume de Cerisay, vicomte de Carentan et grand bailli de Cotentin sous Louis XI, joue un rôle clé dans la construction du chœur entre 1466 et 1490. Ce chœur, à déambulatoire et arcs-boutants, illustre l'apogée architectural de cette période. Le portail occidental, seul vestige roman avec les piles de la croisée, contraste avec les ajouts gothiques, comme les chapiteaux ornés de motifs fantasmatiques ou musicaux.
L'édifice conserve des traces de son évolution ultérieure, notamment une chapelle axiale ajoutée en 1517 et des modifications au XIXe siècle (sacristie, caveau). Classée monument historique dès 1862, l'église abrite un mobilier remarquable : verrières des XVe–XVIe siècles illustrant sa destruction et sa reconstruction, stalles du XVIe siècle, et une statue de Léon de Carentan, apôtre du Pays basque né vers 856. Les gargouilles médiévales, expressives et variées, ornent le chœur et le bas-côté nord, tandis que le clocher carré, percé de baies jumelées, rappelle celui de l'église Saint-Pierre de Caen.
L'extérieur de l'église se caractérise par sa compacité, avec des bas-côtés aussi élevés que la nef, des contreforts rythmés, et des gables surmontés d'anges musiciens. À l'intérieur, les chapiteaux de la croisée mêlent motifs romans (bases des piliers) et gothiques (tailloirs du XVe siècle), tandis que des peintures murales du XVe siècle, comme un fond damassé, subsistent dans le déambulatoire. L'épitaphe de Gillette Le Monnier (1597), avec ses armoiries, et les vitraux narrant l'histoire de l'édifice, complètent ce patrimoine riche et diversifié.
Le contexte historique de l'église reflète les tumultes de la Normandie médiévale : occupation anglaise, rivalités ducales, et renaissance économique post-guerre de Cent Ans. Son architecture hybride, mêlant roman et flamboyant, symbolise cette transition entre destruction et renouveau. Les ajouts des XVe et XVIe siècles, comme la flèche en pierre ou les verrières, témoignent d'une communauté paroissiale active, soutenue par des mécènes locaux comme Guillaume de Cerisay. Classée parmi les premiers monuments historiques français (1862), elle incarne aujourd'hui un patrimoine à la fois religieux, artistique et mémoriel.