Frise chronologique
1248
Séjour de saint Louis
Séjour de saint Louis
1248 (≈ 1248)
Tradition locale attribuant l'impulsion de construction.
vers 1260
Début des travaux
Début des travaux
vers 1260 (≈ 1260)
Construction lancée par le chœur.
vers 1280
Achèvement de l'église
Achèvement de l'église
vers 1280 (≈ 1280)
Fin du chantier avec la nef.
1781-1785
Restauration majeure
Restauration majeure
1781-1785 (≈ 1783)
Travaux après interdiction pour risque d'effondrement.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection officielle de l'édifice.
1867-1928
Campagne de restauration
Campagne de restauration
1867-1928 (≈ 1898)
Travaux dirigés par Verdier, Hérard et Bruyère.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Saint Louis - Roi de France |
Traditionnellement associé à la fondation. |
| Abbé Jean-Baptiste Thierry - Curé de 1740 à 1754 |
Auteur d'un journal sur la vie paroissiale. |
| Louis-Clémentin Bruyère - Architecte du XIXe siècle |
Dirigea la restauration du chœur. |
| Maryse Bideault et Claudine Lautier - Historiens de l'art |
Auteures d'une datation précise de l'édifice. |
| Abbé Léopold-Henri Marsaux - Curé et historien local |
Auteur d'une monographie en 1889. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Chambly, située dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France, est une réalisation majeure de l'architecture gothique rayonnante. Selon la tradition locale, saint Louis aurait impulsé sa construction lors de son séjour en 1248, bien que les travaux n'aient débuté qu'autour de 1260. Le chantier, mené avec une remarquable rapidité, commence par le chœur et s'achève vers 1280 avec la nef, affichant une unité stylistique rare pour l'époque. Le style rayonnant, à son apogée, se manifeste par des fenêtres élancées, des voûtes à liernes et tiercerons dans le transept, et une multiplication des supports fins dans le chœur, créant un effet de verticalité et de légèreté.
L'édifice, classé monument historique dès 1862, a subi des restaurations majeures au XIXe siècle, notamment sous la direction des architectes Aymar Verdier et Louis-Clémentin Bruyère. Ces interventions, parfois controversées comme le remplacement des vitraux, ont permis de sauver l'église de graves désordres structurels, notamment liés à l'instabilité du sol. L'histoire de l'église est aussi marquée par son rôle central dans la vie paroissiale, notamment après la Révolution française, où elle devient l'unique lieu de culte de Chambly, desservant une paroisse élargie à quatorze communes.
Le mobilier de l'église, enrichi par des acquisitions comme la chaire et les stalles provenant de l'église Saint-Sauveur de Paris, témoigne de son importance historique. Parmi les éléments remarquables, on note un orgue du XVIIe siècle, des fonts baptismaux du XVIe siècle, et des tableaux classés, dont une copie d'une œuvre de Rubens. L'église, avec son plan cruciforme et son clocher latéral, domine le paysage urbain de Chambly, offrant des perspectives variées selon les angles d'approche.
L'analyse architecturale révèle une construction en une seule campagne, sans interruption majeure, ce qui explique l'homogénéité de l'ensemble. Le chœur, particulièrement impressionnant par sa profondeur et ses fenêtres à remplage complexe, est considéré comme l'une des réalisations rayonnantes les plus abouties de la région. Les chapelles latérales, greffées sur le transept, et la nef aux proportions équilibrées, complètent cet ensemble harmonieux. Malgré l'absence de triforium, caractéristique inhabituelle pour une église de cette envergure, l'édifice séduit par sa clarté et ses justes proportions.
Les archives locales, bien que fragmentaires, évoquent un passé paroissial riche, avec deux paroisses distinctes jusqu'à la Révolution. L'église Notre-Dame, dédiée initialement à l'Assomption ou à la Nativité de Marie, a vu son vocable évoluer au fil des siècles. Les registres de l'abbé Thierry, curé au XVIIIe siècle, offrent un témoignage précieux sur la vie religieuse et les défis de l'entretien du bâtiment. Les conflits avec les décimateurs, responsables du financement du chœur, illustrent les tensions financières récurrentes autour des édifices religieux.
Les modifications apportées au fil des siècles, comme l'ajout d'une chapelle au XVIe siècle ou la suppression du jubé en 1735, reflètent les adaptations de l'église aux besoins liturgiques et esthétiques changeants. Les restaurations du XIXe siècle, bien que parfois critiquées pour leur approche interventionniste, ont permis de préserver ce patrimoine exceptionnel. Aujourd'hui, l'église Notre-Dame reste un lieu de culte actif et un symbole du patrimoine médiéval des Hauts-de-France.