Origine et histoire de l'Église Notre-Dame
L'église Notre-Dame-et-Saint-Cyprien de Château-Larcher, située dans le département de la Vienne, remonte principalement au XIIe siècle, bien que des pilastres du XIe siècle subsistent dans ses murs latéraux. À l’origine, la nef comptait trois travées, réduites ultérieurement à deux, peut-être dès le XIIIe siècle. Le chœur et les absides, détruits pendant les guerres de Religion, furent remplacés par un mur droit au XVIIe siècle, après l’effondrement du clocher en 1668. Ce dernier fut remplacé par un beffroi modeste érigé sur la nef.
Le portail occidental, en arc brisé, se distingue par ses trois voussures richement ornées de sculptures animales et végétales, ainsi que par une corniche à modillons. La façade, partiellement en appareil losangé, intègre une tour du XIVe siècle, vestige des fortifications médiévales du village. À l’intérieur, la nef conserve des chapiteaux sobres et des doubleaux en arcs brisés datant du XIIe siècle, tandis que les voûtes en plein cintre pourraient dater du XIVe siècle. L’édifice abrite également un retable baroque du XVIIe siècle et une chaire monumentale en bois, sculptée au XVIIIe siècle par des moines cisterciens.
Classée Monument Historique en 1910 pour sa tour et son portail, l’église illustre l’évolution architecturale et religieuse de la région, marquée par les conflits (guerre de Cent Ans, guerres de Religion) et les reconstructions successives. Son emplacement stratégique, près du château fort dominant la vallée de la Clouère, souligne son rôle historique dans la vie communautaire et défensive de Château-Larcher.
Le bourg de Château-Larcher, développé autour d’un éperon rocheux ceint par la Clouère, fut un lieu de pouvoir dès le IXe siècle, avec la mention d’un Castrum Acardi en 976, incluant une forteresse et un prieuré. La région, disputée pendant la guerre de Cent Ans (occupée par les Anglais jusqu’en 1372), vit son château reconstruit par les Lusignan au XIIIe siècle, puis endommagé lors des guerres de Religion. L’église, liée à ces événements, reflète ainsi les bouleversements politiques et religieux du Poitou médiéval et moderne.
Au XXe siècle, l’édifice a bénéficié de restaurations, notamment pour son coq de clocher (1760, restauré en 1972) et sa cloche de 1877. Les fouilles et études archéologiques, comme celles menées sur le plateau de Thorus (dolmens, tombes néolithiques), ont enrichi la compréhension de l’occupation humaine locale, remontant au IVe millénaire av. J.-C. Aujourd’hui, l’église reste un symbole du patrimoine religieux et historique de la Nouvelle-Aquitaine, intégrée dans un paysage marqué par des vestiges médiévaux et des sites naturels classés.