Frise chronologique
1020
Fondation par Isembert Ier
Fondation par Isembert Ier
1020 (≈ 1020)
Retour des Lieux saints, vocable initial Saint-Sépulcre
1087
Changement de vocable
Changement de vocable
1087 (≈ 1087)
Devenue église Saint-Just
1822
Nouveau vocable Notre-Dame
Nouveau vocable Notre-Dame
1822 (≈ 1822)
Devenue église paroissiale unique en ville basse
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés
1849
Découverte de la fresque
Découverte de la fresque
1849 (≈ 1849)
Chrétienté aidant le Christ, restaurée la même année
XIXe siècle
Restaurations majeures
Restaurations majeures
XIXe siècle (≈ 1865)
Façade, nef et peintures intérieures
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Isembert Ier - Évêque de Poitiers et fondateur |
Fonda l’église au retour de Jérusalem en 1020 |
| H. Hivonnait - Restaurateur de la fresque |
Restaura en 1849 la peinture du Christ porte-croix |
| François Morin - Prieur au XVIe siècle |
Mentionné dans une inscription de 1504 |
| Giovanni Battista Lenardi - Peintre du XVIIIe siècle |
Auteur du *Martyre de saint Léger* classé |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Chauvigny est fondée en 1020 par Isembert Ier, évêque de Poitiers, à son retour des Lieux saints. Initialement dédiée au Saint-Sépulcre, elle prend le vocable de Saint-Just en 1087 avant d’être rebaptisée Notre-Dame en 1822. Construite au cœur du bourg bas de Chauvigny, elle s’inscrit dans un contexte d’assainissement de la vallée marécageuse du Talbat et de développement urbain autour d’un prieuré bénédictin dépendant de l’abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. Son architecture romane, marquée par une nef en plein cintre et une coupole sur trompes, est enrichie au XIIe siècle par des collatéraux voûtés d’arêtes.
Au XVe siècle, l’église bénéficie de travaux notables, comme en témoigne une fresque exceptionnelle découverte en 1849 dans le bras sud du transept. Cette œuvre, restaurée par H. Hivonnait, représente la Chrétienté soutenant le Christ sous sa croix, un thème iconographique unique dans le département de la Vienne. Le style de la fresque, transition entre Moyen Âge et Renaissance, et une inscription de 1504 attestent de son importance historique. Le chevet, sobre mais élégant, et les chapiteaux sculptés (tentation d’Adam et Ève, griffons affrontés) illustrent la qualité artistique de l’édifice.
Classée monument historique dès 1840, l’église Notre-Dame subit des restaurations majeures au XIXe siècle, notamment sur sa façade et sa nef. Parmi ses trésors, un tableau du XVIIIe siècle de Giovanni Battista Lenardi, représentant le Martyre de saint Léger, est classé à l’inventaire Palissy. L’édifice incarne ainsi près d’un millénaire d’histoire religieuse et artistique, lié à l’influence des évêques de Poitiers, seigneurs de Chauvigny, et à la vie monastique médiévale.
Son rôle paroissial, confirmé en 1823, en fait le seul lieu de culte en ville basse après la Révolution. Les modifications des XVIIIe et XIXe siècles (peintures intérieures, réaménagements) coexistent avec des éléments romans préservés, comme les modillons de la corniche ou les colonnes du chevet. L’église s’inscrit dans un ensemble patrimonial remarquable, aux côtés de la collégiale Saint-Pierre et des cinq châteaux médiévaux de Chauvigny.
Le contexte géopolitique de sa fondation — entre pèlerinages vers Jérusalem, pouvoir épiscopal et développement urbain — reflète l’importance stratégique de Chauvigny, juchée sur un éperon rocheux dominant la Vienne. L’église Notre-Dame, par son histoire et ses fresques, offre un témoignage rare de la piété et de l’art roman poitevin, entre influences angevines (cour du roi René) et traditions locales.