Frise chronologique
13 juillet 1842
Mort du prince Ferdinand-Philippe
Mort du prince Ferdinand-Philippe
13 juillet 1842 (≈ 1842)
Accident de voiture mortel à l'origine de la chapelle.
1842-1843
Construction de la chapelle Saint-Ferdinand
Construction de la chapelle Saint-Ferdinand
1842-1843 (≈ 1843)
Édifiée par Pierre Fontaine pour Louis-Philippe.
11 juillet 1843
Consécration de la chapelle
Consécration de la chapelle
11 juillet 1843 (≈ 1843)
Par Mgr Denys Affre en présence de la famille royale.
1870
Menace de destruction pendant la guerre
Menace de destruction pendant la guerre
1870 (≈ 1870)
Chapelle sauvée par le général Chabaud-Latour.
21 janvier 1929
Classement monument historique
Classement monument historique
21 janvier 1929 (≈ 1929)
Protection officielle de l'édifice.
1968-1971
Déplacement et reconstruction
Déplacement et reconstruction
1968-1971 (≈ 1970)
Déménagement dû au boulevard périphérique.
31 octobre 1993
Érection en paroisse
Érection en paroisse
31 octobre 1993 (≈ 1993)
Par le cardinal Lustiger sous son vocable actuel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de la Compassion:classement par arrêté du 21 janvier 1929, modifié par arrêté du 7 novembre 2016
Personnages clés
| Ferdinand-Philippe d'Orléans - Prince royal, fils aîné de Louis-Philippe |
Décédé en 1842, à l'origine de la chapelle. |
| Louis-Philippe Ier - Roi des Français (1830-1848) |
Commanditaire de la chapelle pour son fils. |
| Marie-Amélie de Bourbon-Siciles - Reine des Français, épouse de Louis-Philippe |
Initiatrice du projet et brodeuse des Prie-Dieu. |
| Pierre-François-Léonard Fontaine - Architecte du roi |
Concepteur des plans de la chapelle. |
| Jean-Auguste-Dominique Ingres - Peintre néoclassique |
Auteur des cartons des vitraux. |
| Henry de Triqueti - Sculpteur |
Créateur du cénotaphe et de la Pietà. |
| Ary Scheffer - Peintre et dessinateur |
Auteur des dessins du cénotaphe. |
| Princesse Marie d'Orléans - Fille de Louis-Philippe, artiste |
Auteure de l'ange en prière du cénotaphe. |
| Cardinal Jean-Marie Lustiger - Archevêque de Paris (1981-2005) |
Érigea la chapelle en paroisse en 1993. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-Compassion, située place du Général-Kœnig dans le 17e arrondissement de Paris, fut initialement construite en 1842-1843 sous le nom de chapelle Saint-Ferdinand. Elle marque l’emplacement exact où mourut le prince Ferdinand-Philippe d’Orléans, fils aîné du roi Louis-Philippe, des suites d’un accident de voiture le 13 juillet 1842. La reine Marie-Amélie, bouleversée, ordonna sa construction sur les plans de l’architecte Pierre-François-Léonard Fontaine, dans un style néo-byzantin évoquant les tombeaux anciens.
La chapelle, richement décorée, abrite des œuvres majeures : un cénotaphe du prince sculpté par Henry de Triqueti d’après Ary Scheffer, une Pietà représentant la reine et son fils, et des vitraux dessinés par Ingres, où les saints portent les traits de la famille royale. Les vitraux, exécutés à Sèvres, symbolisent les patrons des Orléans, tandis que l’ange en prière derrière le cénotaphe fut dessiné par la princesse Marie d’Orléans, décédée peu avant.
Classée monument historique en 1929, la chapelle fut menacée pendant la guerre franco-allemande de 1870, puis déplacée en 1968 lors de la construction du périphérique parisien. Reconstruite pierre par pierre à son emplacement actuel, elle devint une paroisse en 1993 sous l’impulsion du cardinal Lustiger. Aujourd’hui, elle accueille une communauté espagnole, avec des messes en espagnol et une dévotion à la Vierge del Rocío, dont les habits furent créés par Yves Saint-Laurent.
L’édifice conserve des éléments commémoratifs uniques : deux horloges figées à l’heure de l’accident (11h50) et du décès (16h), un autel placé à l’endroit précis de la mort du prince, et des Prie-Dieu brodés par la reine. Son histoire reflète à la fois un drame familial royal et une évolution urbaine, passant d’un lieu de deuil privé à une paroisse vivante intégrée au paysage parisien.
Les vitraux d’Ingres, conservés au Louvre sous forme de cartons, illustrent l’alliance entre art et mémoire. Commandés par Louis-Philippe pour honorer son fils, ils dépeignent les saints patrons de la famille sous leurs traits, mêlant portrait réaliste et symbolisme religieux. Ces œuvres, réalisées en urgence par un Ingres ému, témoignent de l’importance artistique et émotionnelle du projet pour la monarchie de Juillet.