Frise chronologique
1528–1544
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1528–1544 (≈ 1536)
Fondée par Alain III de Rosmadec sous François Ier.
1617
Prédications de Michel Le Nobletz
Prédications de Michel Le Nobletz
1617 (≈ 1617)
Recteur de Meilars, booste le pèlerinage.
1688
Bulle papale d’indulgence
Bulle papale d’indulgence
1688 (≈ 1688)
Octroyée par Innocent XI pour la reconstruction.
17 juin 1795
Vente comme bien national
Vente comme bien national
17 juin 1795 (≈ 1795)
Chapelle confisquée pendant la Révolution.
1910
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
1910 (≈ 1910)
Remplace l’ancienne église de Meilars.
22 juillet 1914
Classement monument historique
Classement monument historique
22 juillet 1914 (≈ 1914)
Protection de l’église et du calvaire.
1er juillet 1932
Vol d’objets liturgiques
Vol d’objets liturgiques
1er juillet 1932 (≈ 1932)
Cambriolage nocturne dans l’église.
1978
Foudroiement du Christ en croix
Foudroiement du Christ en croix
1978 (≈ 1978)
Calvaire restauré par Pierre Floc’h.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise et calvaire attenant (sauf les statues modernes) (cad. ZH 143, 153) : classement par arrêté du 22 juillet 1914
Personnages clés
| Alain III de Rosmadec - Marquis de Pont-Croix et fondateur |
Commanditaire de la chapelle au XVIe siècle. |
| Jeanne du Chastel - Épouse d’Alain III de Rosmadec |
Cofondatrice de la chapelle de Meilars. |
| Michel Le Nobletz - Recteur de Meilars (vers 1617) |
Prédicateur ayant popularisé le pèlerinage. |
| Père Maunoir - Missionnaire breton |
Témoin d’apparitions posthumes en 1652. |
| Yann Larc’hantec - Sculpteur morlaisien |
Auteur des statues du calvaire (1870). |
| Pierre Floc’h - Sculpteur du XXe siècle |
Refait le Christ du calvaire en 1978. |
| Gustave Geffroy - Écrivain et historien |
Décrit la roue à carillons en 1905. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-Confort de Meilars, située à Confort-Meilars (Finistère), fut édifiée entre 1528 et 1544 sous François Ier par Alain III de Rosmadec, marquis de Pont-Croix, et son épouse Jeanne du Chastel. De style gothique flamboyant, elle devint un lieu de pèlerinage majeur en Bretagne, enrichi par les dons des fidèles (calices en argent, chasubles, etc.) et une bulle d’indulgence papale en 1688 après un incendie. Son vitrail du XVIe siècle, représentant l’Arbre de Jessé, et ses statues baroques (Notre-Dame de Confort, saint Herbot) témoignent de son rayonnement artistique et religieux.
Vendue comme bien national en 1795, la chapelle redevint un lieu de culte après la Révolution. Elle fut classée monument historique en 1914, avec son calvaire adjacent du XVIe siècle, dont les statues d’apôtres, décapitées pendant la Terreur, furent restaurées en 1870 par le sculpteur Yann Larc’hantec. L’édifice abrite une roue à carillons unique, réputée pour ses vertus miraculeuses (guérison des enfants muets), actionnée par les pèlerins en offrande. Son clocher, remanié au XVIIIe siècle, et ses frontons sculptés de cariatides grimaçantes illustrent l’évolution de son architecture.
L’église devint paroissiale en 1910, remplaçant l’ancienne église de Meilars en ruine. Victime d’un vol en 1932, elle conserve cependant un mobilier exceptionnel : sablières sculptées, maître-autel, et vitraux partiels de R. de Loubes. Le calvaire voisin, classé avec l’église, présente une croix refaite en 1978 après un foudroiement. Aujourd’hui, le site reste un témoignage majeur du patrimoine religieux breton, mêlant dévotion populaire, art gothique tardif et baroque local.
La roue à carillons, décrite par Gustave Geffroy en 1905 comme l’une des dernières de France, symbolise la persistance des rites armoricains. Les pèlerins, après avoir allumé un cierge devant la statue miraculeuse de Notre-Dame, faisaient tourner la roue en échange d’une aumône, croyant en son pouvoir de restauration de la parole. Ce rituel, lié à des traditions pré-chrétiennes, souligne l’ancrage profond de l’église dans les croyances locales.
Les revenus de la chapelle, estimés à 1 000 livres annuelles sous l’Ancien Régime, en faisaient le 6e pèlerinage le plus lucratif de l’évêché de Cornouaille. Cette prospérité s’explique par l’afflux de fidèles après les prédications de Michel Le Nobletz (recteur de Meilars vers 1617) et les apparitions posthumes rapportées par le Père Maunoir en 1652. L’inventaire de 1620 révèle un mobilier liturgique somptueux, reflétant la générosité des donateurs, comme le manoir de Gouletquer offert en 1623 par un couple de Poullan.