Frise chronologique
VIIe siècle
Premières traces funéraires
Premières traces funéraires
VIIe siècle (≈ 750)
Découverte de sarcophages mérovingiens sous le chevet.
1107
Rattachement à Beaulieu
Rattachement à Beaulieu
1107 (≈ 1107)
L’église devient possession de l’abbaye.
Début XIIe siècle
Première mention écrite
Première mention écrite
Début XIIe siècle (≈ 1204)
Attestation documentaire de l’église.
Milieu XIIIe siècle
Remaniments gothiques
Remaniments gothiques
Milieu XIIIe siècle (≈ 1350)
Surélévation des murs et voûtement de la nef.
XVIe siècle
Travaux majeurs
Travaux majeurs
XVIe siècle (≈ 1650)
Reconstruction absidiole sud et revoûtement du chœur.
1891
Restauration partielle
Restauration partielle
1891 (≈ 1891)
Intervention sur le pilier sud-ouest et le portail.
6 octobre 1921
Classement de l’abside
Classement de l’abside
6 octobre 1921 (≈ 1921)
Protection au titre des monuments historiques.
17 septembre 1953
Inscription de l’église
Inscription de l’église
17 septembre 1953 (≈ 1953)
Protection étendue à l’ensemble de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abside : classement par arrêté du 6 octobre 1921 ; Eglise (à l'exception de l'abside déjà classée) : inscription par arrêté du 17 septembre 1953
Personnages clés
| Napoléon III - Empereur des Français (1852–1870) |
Offrit trois chandeliers à l’église. |
| Enrico Bon - Peintre (actif fin XIXe siècle) |
Auteur du tableau *La Donation du rosaire* (1896). |
| Architecte Favreau - Restaurateur (actif en 1891) |
Dirigea les travaux sur le pilier et le portail. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Crouzilles, située dans le département d'Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire, est un édifice religieux catholique dont les origines remontent au moins au XIIe siècle. Construite initialement dans un style roman, elle a subi des remaniements majeurs aux XIIIe et XVIe siècles, reflétant les évolutions architecturales et les besoins liturgiques de chaque époque. Son abside, classée monument historique dès 1921, témoigne de la richesse artistique médiévale, tandis que l’ensemble de l’édifice a été inscrit en 1953 pour sa valeur patrimoniale.
Les fouilles menées au début des années 2000 ont révélé des sarcophages du VIIe siècle, attestant d’une occupation religieuse précoce du site. L’église est mentionnée pour la première fois au début du XIIe siècle, mais son architecture a été profondément modifiée au XIIIe siècle, avec la surélévation des murs gouttereaux de la nef et l’ajout de voûtes. Au XVIe siècle, des travaux ont concerné la voûte du chœur, la reconstruction de l’absidiole sud du transept, et l’adjonction d’un appentis le long du mur nord. Une restauration partielle a eu lieu en 1891, préservant des éléments médiévaux comme les modillons sculptés de l’abside.
L’édifice adopte un plan en croix latine, caractéristique des églises romanes, avec une nef simple voûtée d’ogives, un transept surmonté d’un clocher bas, et un chœur terminé par une abside à cinq pans. Le portail ouest, encadré de contreforts abritant des statues mutilées pendant la Révolution française, illustre l’art roman tourangeau. À l’intérieur, le mobilier inclut des statues du XIIe siècle, des verrières du XIXe siècle signées Lobin et Fournier Clément, et un tableau d’Enrico Bon (1896). L’église conserve également des objets liturgiques, dont des chandeliers offerts par Napoléon III.
Le décor sculpté, notamment les modillons de l’abside et les clés de voûte ornées de bustes, révèle l’influence des ateliers locaux des XIIe et XIIIe siècles. Une peinture murale du XVe siècle, partiellement cachée par un plafond moderne, subsiste à la base du clocher. L’abside, classée en 1921 pour ses statues-colonnes et ses chapiteaux, constitue le joyau de l’édifice. Le reste de l’église, inscrit en 1953, témoigne des adaptations successives, comme l’absidiole sud reconstruite au XVIe siècle sur un plan carré.
L’église Notre-Dame a joué un rôle central dans la vie communautaire de Crouzilles, comme en attestent les sarcophages mérovingiens et son rattachement à l’abbaye de Beaulieu en 1107. Son architecture hybride, mêlant roman et gothique, reflète les transitions stylistiques de la Touraine médiévale. Les restaurations du XIXe siècle, comme celles menées en 1891 par l’architecte Favreau, ont permis de préserver cet héritage, tout en adaptant l’édifice aux besoins cultuels modernes.