Frise chronologique
IVe siècle
Fondation légendaire
Fondation légendaire
IVe siècle (≈ 450)
Attribuée à saint Maxenceul, disciple de saint Martin.
845
Donation aux moines de saint Philibert
Donation aux moines de saint Philibert
845 (≈ 845)
Vivien de Tours offre le monastère aux moines fuyant les Vikings.
858–862
Installation temporaire des reliques de saint Philibert
Installation temporaire des reliques de saint Philibert
858–862 (≈ 860)
Avant leur transfert définitif à Tournus en 875.
XIe siècle
Construction du clocher roman
Construction du clocher roman
XIe siècle (≈ 1150)
Seul vestige de l'église pré-romane intégré ultérieurement.
Début XIIe–début XIIIe siècle
Reconstruction de l'église prieurale
Reconstruction de l'église prieurale
Début XIIe–début XIIIe siècle (≈ 1304)
Mélange des styles roman et gothique angevin.
XVe siècle
Fortification pendant la guerre de Cent Ans
Fortification pendant la guerre de Cent Ans
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout de créneaux et tours défensives.
1562
Pillage par les huguenots
Pillage par les huguenots
1562 (≈ 1562)
La châsse de saint Maxenceul jetée dans la Loire.
1741
Suppression du prieuré
Suppression du prieuré
1741 (≈ 1741)
Biens rattachés au séminaire d'Angers.
1754
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
1754 (≈ 1754)
Remplace l'ancienne église Saint-Maxenceul détruite.
1840
Intervention de Prosper Mérimée
Intervention de Prosper Mérimée
1840 (≈ 1840)
Signale l'état de dégradation du chœur.
1846
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1846 (≈ 1846)
Début des restaurations par Joly-Leterme.
1966
Installation du carillon
Installation du carillon
1966 (≈ 1966)
Cloche de la cathédrale de Constantine (Algérie).
1977
Inauguration de l'orgue
Inauguration de l'orgue
1977 (≈ 1977)
Œuvre de Jean-Loup Boisseau.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Cunault : classement par liste de 1846
Personnages clés
| Saint Maxenceul - Fondateur légendaire du monastère |
Disciple de saint Martin de Tours (IVe siècle). |
| Vivien - Comte de Tours |
Donne le monastère aux moines de saint Philibert en 845. |
| Charles II le Chauve - Roi des Francs |
Confirme la donation de 845 aux moines. |
| Foulque Nerra - Comte d'Anjou |
Soutient le prieuré au XIe siècle. |
| Foulque IV le Rechin - Comte d'Anjou |
Favorise le prieuré avec son père. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments Historiques |
Signale la dégradation en 1840, obtient son classement. |
| Charles Joly-Leterme - Architecte restaurateur |
Dirige les travaux de restauration (1846–1876). |
| Jean-Loup Boisseau - Facteur d'orgues |
Conçoit l'orgue inauguré en 1977. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Cunault, située sur l'ancienne commune de Cunault (aujourd'hui Chênehutte-Trèves-Cunault), est un chef-d'œuvre de l'architecture romane angevine du Moyen Âge. Fondée près de la Loire à 15 km de Saumur, elle est intimement liée à l'histoire monastique de la région, notamment aux pérégrinations des moines de saint Philibert fuyant les Vikings au IXe siècle. Son clocher du XIe siècle, intégré à la reconstruction romane, témoigne de son ancienneté, tandis que sa nef alliant styles roman et gothique angevin reflète des campagnes de construction s'étalant des années 1100 au XIIIe siècle.
Le monastère est traditionnellement attribué à saint Maxenceul, disciple de saint Martin de Tours, dès le IVe siècle. En 845, le comte Vivien de Tours offre le site aux moines de saint Philibert, qui y installent temporairement les reliques du saint entre 858 et 862 avant de les emmener à Tournus. Après les incursions normandes, les moines rapportent les reliques de saint Maxenceul à Cunault, où le prieuré bénéficie du soutien des seigneurs d'Anjou comme Foulque Nerra et Foulque IV le Rechin. L'église, reconstruite à partir du XIIe siècle, abrite alors des reliques prestigieuses comme l'anneau de la Vierge et une fiole de son lait, attirant de nombreux pèlerins.
Au XVe siècle, l'église est fortifiée pendant la guerre de Cent Ans, comme en témoignent les créneaux et tours défensives de sa façade occidentale. Le prieuré, placé sous commende à partir du XIVe siècle, décline progressivement : il est pillé par les huguenots en 1562, qui jettent la châsse de saint Maxenceul dans la Loire (retrouvée miraculeusement). En 1741, le prieuré est supprimé, et l'église, partiellement désacralisée, devient paroissiale en 1754 après la destruction de l'ancienne église Saint-Maxenceul par un ouragan.
La Révolution française marque un tournant : l'église est vendue comme bien national en 1789, et son chœur, transformé en grange, est décrit en 1840 par Prosper Mérimée comme « dans un état pitoyable », servant de remise à fagots. Classée monument historique en 1846, elle est rachetée par le département et restaurée pendant trente ans sous la direction de Charles Joly-Leterme. Au XXe siècle, son clocher accueille les cloches de la cathédrale de Constantine (Algérie), et un orgue y est installé en 1977, perpétuant sa vocation culturelle et religieuse.
L'architecture de Notre-Dame de Cunault se distingue par sa nef triple très lumineuse, son absence de transept, et un chevet initialement doté d'une chapelle axiale détruite. Le clocher roman du XIe siècle, intégré au collatéral nord, est orné de chapiteaux sculptés représentant l'Annonciation et la Tentation. À l'intérieur, 223 chapiteaux, dont une quinzaine historiés, et des peintures murales du XVe siècle (comme la Transfiguration ou un Saint Christophe) illustrent son riche décor, malgré les dégradations subies au fil des siècles.
Parmi les trésors conservés figurent une châsse gothique du XIIIe siècle (autrefois attribuée à saint Maxenceul), une cuve baptismale en marbre rouge du XIIe siècle, et une Pietà du XVIe siècle. L'église, toujours active cultuellement, est aussi un lieu de concerts grâce à son orgue de Jean-Loup Boisseau. Son orientation solaire, où le soleil du solstice d'été traverse la nef pour éclairer le chœur, souligne le savoir-faire des bâtisseurs médiévaux.