Origine et histoire de l'Église Notre-Dame
L’église Notre-Dame de Dijon, considérée comme un joyau de l’architecture gothique, fut édifiée entre les années 1220 et 1250 sur l’emplacement d’une chapelle romane du XIIe siècle, elle-même construite à la place d’une modeste chapelle Sainte-Marie datant d’avant 1150. Située initialement hors des murs de la cité, elle devint intra-muros en 1137 et joua un rôle central dans la vie communale dijonnaise après 1187, servant notamment de lieu de serment pour les maires et de dépôt pour les archives. Son architecture innovante, comme l’absence d’arcs-boutants, fut dictée par l’exiguïté du quartier populaire où elle s’élève, près du Palais des ducs de Bourgogne.
La façade occidentale, d’une planéité unique en France, masque habilement la structure intérieure et s’orne de fausses gargouilles sculptées au XIXe siècle, remplaçant des origines médiévales détruites après un accident mortel en 1240. L’église abrite des trésors comme la statue de Notre-Dame de Bon-Espoir, une Vierge en bois du XIe ou XIIe siècle, autrefois noire, et des vitraux du XIIIe siècle dans le transept nord. Symbole de résistance, elle fut associée à deux « miracles » lors des sièges de Dijon en 1513 (par les Suisses) et 1944 (par les Allemands), célébrés par des tapisseries commémoratives.
Classée monument historique dès 1840, Notre-Dame fut restaurée de 1865 à 1884 par Émile Boeswillwald et Eugène Millet, qui lui rendirent son aspect médiéval supposé, en supprimant les ajouts baroques et en reconstruisant la tour lanterne. La chapelle de l’Assomption, construite en style néo-gothique entre 1877 et 1882 par Édouard Mairet, abrite aujourd’hui des éléments baroques de l’église, comme l’autel majeur de 1684. Le Jacquemart, automate horloger offert par Philippe le Hardi en 1383 après le pillage de Courtrai, et la chouette, sculpture païenne polie par les mains des passants, incarnent l’identité dijonnaise.
Les vitraux, partiellement originaux (XIIIe siècle) et partiellement recréés par Édouard Didron au XIXe siècle, illuminent un intérieur marqué par un plan en croix latine et des voûtes sexpartites. L’orgue, reconstruit en 1895, succède à un instrument joué par Jean-Philippe Rameau au XVIIIe siècle. Enfin, la chouette, restaurée en 2001 après un acte de vandalisme, est devenue l’emblème d’un parcours touristique et d’une mythologie locale, mêlant superstitions et fierté patrimoniale.