Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Dives-sur-Mer, située dans le Calvados en Normandie, est un édifice catholique dont les origines remontent au moins à l'époque carolingienne, avec des traces d’un lieu de culte dès le VIe ou VIIe siècle. L’édifice actuel, construit principalement aux XIIIe et XIVe siècles, conserve des éléments romans du XIe siècle et des ajouts gothiques des XIVe et XVe siècles. Son histoire est étroitement liée à la légende du Christ Saint-Sauveur, une statue miraculeuse découverte en 1001 par des pêcheurs, qui fit de Dives un lieu de pèlerinage majeur jusqu’aux guerres de Religion et à la Révolution française. La statue, détruite en 1562 par les huguenots, fut remplacée au XVIIe siècle, mais le pèlerinage déclina progressivement en raison des changements économiques et religieux.
La guerre de Cent Ans et les conflits religieux marquèrent profondément l’église, subissant pillages et destructions, notamment en 1362, 1410 et 1443. Malgré ces vicissitudes, l’édifice fut restauré à plusieurs reprises, notamment aux XVIe, XIXe et XXIe siècles. Classée monument historique en 1888, l’église se distingue par ses graffitis marins (plus de 400), datés du XVe au XXe siècle, qui témoignent de la vie des marins et de la communauté locale. Ces dessins, réalisés sur les murs intérieurs et extérieurs, représentent des navires, des personnages et des symboles religieux, offrant un corpus iconographique rare sur l’évolution de la marine à voile en baie de Seine.
L’architecture de l’église mêle styles roman et gothique, avec une nef à collatéraux, un transept et un chevet plat. Parmi ses éléments remarquables figurent la tour-lanterne, utilisée comme guet pendant la guerre de Cent Ans, et les vitraux médiévaux, dont Les Anges musiciens (XIVe siècle), offerts par l’évêque Guy d’Harcourt. Ces vitraux, redécouverts au XXe siècle, sont aujourd’hui exposés à l’office de tourisme. L’église abrite également un lutrin du XVIIIe siècle, des cloches historiques et une liste des 475 compagnons de Guillaume le Conquérant, apposée en 1862 par Arcisse de Caumont, en référence à l’embarquement des troupes normandes pour l’Angleterre en 1066.
Le mobilier et les décors intérieurs reflètent les périodes de prospérité et de déclin de Dives-sur-Mer. Les clefs de voûte du XIVe siècle, retrouvées et réinstallées en 1886, racontent la légende du Christ Saint-Sauveur, tandis que les graffitis, menacés par l’érosion et les restaurations, constituent un patrimoine fragile mais précieux. L’église, toujours active au sein de la paroisse Saint-Sauveur de la Mer, continue de faire l’objet de campagnes de restauration, notamment pour préserver ses vitraux et ses sculptures de l’érosion marine.
Le site, entouré autrefois d’un cimetière, était un lieu central pour la communauté, accueillant pèlerins et fidèles. La chapelle haute, détruite au XIXe siècle, abritait autrefois la statue miraculeuse et servait de lieu de prière pour les moines. Les graffitis, souvent réalisés en cachette, révèlent une pratique pieuse et collective, liée aux dangers de la mer et aux espérances des marins. Leur étude permet de comprendre les traditions locales, les techniques navales et l’évolution des mentalités sur plus de cinq siècles.
Aujourd’hui, l’église Notre-Dame de Dives-sur-Mer reste un symbole du patrimoine normand, alliant histoire religieuse, architecture médiévale et mémoire maritime. Son classement et ses restaurations successives soulignent son importance culturelle, tandis que ses graffitis et vitraux en font un lieu unique pour l’étude de l’histoire sociale et artistique de la région.